5 fautes d’orthographe se cachent dans ce texte

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La vache et le meurtrier

Ce n’est pas toi, ô vache, qui est devenue folle : le fou furieux, c’est bel et bien l’homme. Ce n’est pas ta cervelle, quoi qu’on en dise, qui est dangereuse : c’est son cerveau qui va mal. Toi, tu n’as jamais demandé qu’à regarder passer les trains, toute étonnée que l’on puisse courir si vite pour si peu. Philosophe, tu as toujours préféré ruminer ta devise : « Je me remplis la panse, donc je suis. » Pouvais-tu te douter que des bipèdes, soit disant intelligents, empoisonneraient ton rosbeef pour mieux défendre leur bifteck ?

Hiroshima, Tchernobyl, pollution de l’atmosphère, scandale du sang contaminé… Depuis quelque cinquante ans, l’espèce humaine semble s’être fixé pour objet sa propre destruction et celle de son environnement. Craignant que le progrès ne nous montat à la tête, Georges Duhamel nous avertissait déjà, à l’aube de ce siècle : « Si la civilisation n’est pas dans le cœur de l’homme, eh bien, elle n’est nulle part. » Qu’il vienne à ressusciter et il écrira – d’une seule traite – que les choses vont décidément de mal… en pis !

Cela dit, tranquillise-toi : tu ne seras pas la seule, en l’occurrence, à porter des cornes. À supposer même que les scénarios apocalyptiques de la gent médicale se révèlent erronés, il n’en faudra pas moins payer les veaux cassés… Qui va vider les porte-monnaie si le ris pleure ? Si la moelle l’a dans l’os ? Si, en raison de cette épizootie, le steak haché est grillé pour longtemps ? Qui contrebalancera l’impéritie de dirigeants que l’on aurait volontiers envoyés paître, pour l’occasion ? Mais les cochons de payants, bien sûr ! Il n’y a pas de barrière des espèces qui tienne, là non plus…

Dictée extraite de l’ouvrage « 101 dictées, 2 500 difficultés expliquées », de Bruno Dewaele, aux éditions de l’Opportun (19 euros).

Résultats : les 5 erreurs expliquées

– qui es devenue : l’accord du verbe se fait avec l’antécédent du relatif, en l’occurrence le pronom de la deuxième personne du singulier toi.

tout étonnée : devant un adjectif commençant par une voyelle, l’adverbe tout demeure invariable.

soi-disant : cet adjectif est invariable, en genre comme en nombre. Soi étant ici le pronom personnel, on évitera de surcroît de le gratifier d’un « t » !

rosbif, bifteck : ce sont là les seules graphies reconnues par les ouvrages de référence.

montât : après un verbe de sentiment comme craindre, le subjonctif va de soi.

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