Sexo : chéri, ce soir, on change de pièce

Claire Bouilhac

À en croire les chercheurs, nous aurions tout intérêt à quitter parfois notre chambre à coucher et à tester le nomadisme sexuel dans notre appartement. Une étreinte dans la cuisine, un câlin coquin dans le salon… Et à nous le nirvana !

Les couples qui font l’amour ailleurs que dans leur chambre sont plus satisfaits de leur vie sexuelle que ceux qui ne se hasardent jamais hors du lit conjugal. Telles sont les conclusions d’une récente étude américaine*. Alors, qu’attendons-nous pour nous inspirer de ces aventuriers de l’érotisme qui n’hésitent pas à explorer des territoires inhabituels pour faire des galipettes dans la cuisine, la salle de bains ou le salon ? Nous aussi on veut décrocher le Graal de la sexualité épanouie envers, contre tout, et surtout partout !

Passer au salon
Certes, on a vu plus exotique périple que de migrer de la chambre au salon. Pourtant, effets quasi miraculeux garantis ! Sortis de leur paysage sexuel habituel, le corps et le cerveau s’en trouvent tout émoustillés. Au lieu de se brancher en mode routine (voire légèrement somnolent), comme dans le lit conjugal, et de reproduire un scénario aussi immuable que le décor, ils sont en alerte, attentifs aux changements d’odeurs, de textures, de perspectives visuelles. Tiens, tiens ! ça sent la nouveauté par ici, et c’est sacrément vivifiant ! « Faire l’amour dans un autre environnement est très stimulant. La lumière du salon ou de la cuisine diffère de celle de la chambre, elle révèle le corps autrement, sous un jour inconnu. Le plan de travail, le canapé ou la table basse nous obligent à nous adapter, à chercher des positions en adéquation avec la géographie du lieu. Et puis quand on fait l’amour n’importe où dans l’appartement à brûle-pourpoint, on est souvent tout habillé : on relève alors la jupe précipitamment, on fait tomber le pantalon sur les chevilles… Quoi de plus excitant ? », remarque Valérie Cordonnier, sexologue.

Ouvrir la porte à l’imprévu
Faire l’amour dans l’ascenseur, une cabine d’essayage ou les toilettes du TGV, on n’a jamais sauté le pas : terriblement torride mais quand même très risqué ! Alors s’aventurer hors de la chambre tout en restant chez soi, voilà qui nous offre un bon compromis. Même si nos enfants ne vivent plus chez nous et que nous n’avons pas de colocataires (donc personne a priori pour nous surprendre), cette escapade revêt à nos yeux un goût fripon. On a osé ! « Bien que la prise de risque soit plus fantasmée que réelle, elle a pour effet de déclencher une sécrétion d’adrénaline, une hormone puissamment excitante. En toile de fond, le plaisir de l’exhibition – même relative – et de la culpabilité – on s’encanaille – s’entremêlent en un cocktail forcément explosif », affirme la sexologue. Faire l’amour dans des lieux habituellement dévolus à d’autres usages possède aussi une symbolique toute particulière. « Sortir du huis clos de la chambre, siège d’une sexualité plutôt sage et conjugale, qui en son temps fut procréative, c’est s’autoriser une activité purement récréative, entièrement destinée au plaisir. Marquer toutes les pièces de ses fluides sexuels, c’est renouer avec ses pulsions animales », analyse-t-elle.

Faire le lit de l’érotisme
Hier, nous faisions l’amour sur ce canapé. Aujourd’hui, nos invités s’y assoient sagement. De quoi échauffer nos sens et nous inciter à échanger des œillades brûlantes avec notre homme, à faire des allusions codées que nous seuls pouvons comprendre, l’air de rien, entre les cacahuètes et les tomates cerises ! S’ils savaient ce dont nous sommes capables… Et hop ! on a renforcé notre complicité et redoré notre « sexe-estime » pour le même prix. « Ces petites récréations hors les murs de la chambre donnent un sentiment de légèreté, d’anticonformisme et de jeunesse retrouvée. En se fabriquant des souvenirs de plaisir dans chacune des pièces de la maison, le couple sexualise son environnement et sa relation. À chaque fois qu’ils passeront à un endroit où ils ont fait l’amour, ils penseront inévitablement sexe. D’excellentes piqûres de rappel », souligne Valérie Cordonnier. « Je conseille souvent aux couples d’avoir l’esprit mal tourné, de faire feu de tout bois pour distiller du sexuel dans le quotidien. C’est ce qui fait qu’on est des amoureux et pas des potes ou des colocataires », poursuit-elle.

Trouver les clés du plaisir
La machine à laver en mode essorage ? Trop bateau… mais surtout, trop périlleux ! Inutile de se coller un tour de rein ou d’attraper une crampe sous prétexte de vouloir booster sa libido. Notre habitation recèle bien d’autres lieux tout aussi sexy et plus confortables où atteindre le septième ciel. « En appui contre un mur, par exemple. Il suffit de porter des talons si on est plus petite que son homme : ainsi, les bassins sont à la même hauteur et le partenaire n’est pas obligé de tenir une position fatigante, jambes fléchies », décrit la sexologue. Le bar de la cuisine ? « Excellent ! L’un des deux se hisse dessus pour s’y asseoir, jambes écartées. Tandis que l’autre se livre à des caresses buccales » propose-t-elle. Expérience transposable dans les escaliers, si nous avons une maison à étage. Le canapé permet, lui aussi, toutes les audaces. « S’il n’est pas adossé à un mur, on peut poser ses avant-bras sur le dossier et se pencher en avant, toute offerte à notre amoureux. Ou positionner son ventre sur l’accoudoir, les mains posées au sol, pour une levrette endiablée », sourit-elle. Plutôt que la baignoire, glissante et potentiellement dangereuse à cause de la robinetterie contre laquelle on peut se blesser, préférons la douche. « Puissamment érotique car digne d’une scène de film » souligne la spécialiste. Bref, nous avons l’embarras du choix !

* Étude menée par l’enseigne américaine House Method en mai 2018 sur 1 000 personnes en couple.

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