5 idées pour faire durer son couple

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Qu’on se le dise, tenir la distance, c’est du sport ! Il faut une bonne dose d’amour saupoudré de pas mal d’efforts et de vigilance.

Pour garantir la pérennité d’une union, rien de mieux que l’amour ! Mais si les élans du cœur – qui font que l’autre reste craquant, attachant, touchant malgré les années – sont nécessaires pour rester amoureux au fil des ans, ils ne suffisent pas. Combien de couples aimants ont perdu pied, faute d’avoir mis toutes leurs forces et leur volonté dans la bataille de la longévité ? Et autour de la soixantaine, vient souvent le moment de remettre l’ouvrage sur le métier… « Cet âge de la vie, à cause des nombreux bouleversements personnels, professionnels et physiques qu’il connaît, peut constituer une zone de turbulences », avance Martine Teillac, psychothérapeute et spécialiste des problèmes conjugaux*. Nos conseils pour rester bien arrimés.

On garde toujours un projet en cours
S’entendre sur un objectif commun scelle une union en profondeur, lui donne du contenu. « Ce dessein partagé permet de rêver ensemble, de regarder dans la même direction et de se projeter à deux dans l’avenir. Sur ce terrain-là, on est dans l’accordance : de quoi mieux supporter par ailleurs les petits différends du quotidien », souligne la psy. À 30 ans, les projets de couple sont en général tout tracés : fonder une famille, se mettre un toit sur la tête. À 60 ans, il devient parfois plus compliqué de trouver l’inspiration. « D’autant que chacun peut avoir envie de mener ses petits projets à lui dans son coin, ceux qu’il n’a jamais pu réaliser jusque-là parce qu’il était trop pris par les enfants, sa carrière. Il faut donc rester vigilants pour ne pas se focaliser uniquement sur son développement personnel, au détriment de son développement au sein de la relation à deux », insiste-t-elle. Et surtout, faire preuve d’imagination. Une maison de campagne à retaper, la participation à un concours de peinture, un voyage au Nebraska, à chaque duo son « délire » !

On cherche et on (re)trouve la bonne distance
Ni trop près ni trop loin. Voilà le bon compromis, celui qui fonctionne pour la plupart des couples parce qu’il garantit de l’air à chacun et, en même temps, la construction d’une intimité à deux. « Avec la retraite, ce subtil équilibre peut devenir difficile à maintenir parce que le temps partagé sur le même territoire, celui de la maison, augmente considérablement. Qui plus est sans personne pour faire tiers puisque les enfants sont partis », constate Martine Teillac. Aïe ! On court alors le risque que l’autre devienne un peu trop présent, trop familier, sans plus aucune part de mystère, donc beaucoup moins intéressant et attirant. La bonne distance, on la reconquiert en ne s’enfermant pas dans ce cocon certes très protecteur mais vite étouffant, et en s’ouvrant vers l’extérieur. On s’inscrit chacun de son côté à des activités hors de la maison, on fait venir des copains chez soi pour limiter les tête-à-tête. « La bonne distance se forge aussi par les mots. En évitant de confier à notre conjoint par le menu tous nos soucis de santé ou de se répandre en plaintes. En préférant lui raconter les choses intéressantes que l’on a vécues de notre côté et qui pourront rallumer sa curiosité envers nous », suggère la psy.

On manie bien la dispute
L’engueulade compte parmi les ingrédients incontournables du ménage qui résiste aux années. « Pendant ces mini-crises, chacun s’affirme et défend son territoire : indispensable pour maintenir le respect de la place de chacun. Surtout, les sujets qui font discorde sont clairement mis sur la table : cette première étape, durant laquelle les positions se confrontent, est un préalable indispensable à une entrée ultérieure en négociations », décrit Martine Teillac. Rien de tel aussi qu’un petit conflit bien senti pour se faire peur à moindres frais et avoir ensuite très envie de se réconcilier ! À condition bien sûr que l’on adopte un code de bonne conduite, que l’on s’abstienne de prononcer des mots trop blessants ou dévalorisants et que la violence physique ne s’en mêle jamais. « Mais attention, à force de répéter ce même jeu de rôles au fil des années, à ne pas se laisser embarquer dans une banalisation de la querelle et même, plus grave, dans une forme d’escalade. Avec l’âge, il faut au contraire veiller à diminuer l’intensité des altercations car chacun peut devenir plus vulnérable, plus facilement atteint dans son estime de soi », conseille la thérapeute.

On dose finement les concessions
Impossible de vivre à deux longtemps sans mettre de l’eau dans son vin et accepter parfois des choses qui nous rebutent (un peu) pour faire plaisir à l’autre… On ne le découvre pas à 60 ans ! Mais pour peu que l’on traverse un épisode tumultueux à ce moment-là, on risque de peiner à manier correctement la concession. « On peut avoir tendance à toutes les accepter, donc se soumettre totalement aux désirs de l’autre, pour acheter la paix au sein de son couple. Ou au contraire se rigidifier dans l’intolérance et ne plus rien lui concéder parce qu’il nous agace », observe Martine Teillac. Essayons d’avoir en tête quelques fondamentaux qui nous permettront de garder le bon cap des compromis ! « Une concession n’est pas un dû : pensons à remercier notre conjoint quand il en fait une pour nous ; n’hésitons pas à souligner ostensiblement notre effort quand nous lui en accordons une. Distinguons bien l’attitude bienveillante (laisser notre homme jouer parfois son petit numéro de charme avec la jeune voisine parce que ça le rassure) et le renoncement non souhaitable (regarder ailleurs quand il se met à tenir des propos contraires à nos valeurs fondamentales ou se laisse complètement aller au quotidien) », balise la psy.

On fait évoluer notre sexualité
Le désir fluctue, nous fait parfois le coup de la panne… Un grand classique dès lors qu’un tandem additionne les années de vie commune. Mais ce qui menace le plus les duos de longue date, ce sont les décalages sexuels : l’un(e) a très envie de faire l’amour, l’autre considère que les galipettes appartiennent au passé ; l’un(e) veut continuer les mêmes scénarios sexuels, l’autre aimerait (ou a besoin, pour des raisons physiologiques) tester d’autres pratiques plus stimulantes. La solution pour éviter que le décalage ne se transforme en gouffre ? « Les mots, car on n’en fera pas l’économie pour exprimer ses attentes. La bonne volonté, pour répondre à celles de l’autre… sans se violenter soi-même, bien sûr. Il n’est par exemple pas question pour une femme de se forcer au coït si la pénétration la fait souffrir. Mais elle peut offrir des caresses à son homme et lui suggérer de faire de même : idéal pour valoriser les corps, entretenir par le toucher la complicité et l’affectivité », explique la spécialiste. Car soyons en sûrs, un couple qui dure est un couple qui se touche !

* Auteur de Pour un couple durable (éd. Solar).

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