Sexe et violence au cinéma : une censure à deux vitesses ?

© gaspar noé

A peine arrivée au ministère de la Culture où elle remplace Fleur Pellerin, Audrey Azoulay a annoncé son intention de réformer les critères sur lesquels est basée l’interdiction des films aux moins de 18 ans. Concrètement, il s’agit d’assouplir la règlementation qui entraîne automatiquement l’interdiction aux mineurs d’œuvres comportant certaines scènes de «  sexe non simulé » ou de « très grande violence », même si ces films ne sont pas classés X.

Laxisme ? L’affaire est un peu plus complexe. La ministre réagit à un fait d’actualité récente. Après un recours en justice, une association catholique intégriste, Promouvoir, a obtenu la classification « – de 18 ans » pour La Vie Adèle, d’Abdellatif Kechiche, et Love, de Gaspar Noé, deux films très chauds que le Centre national du cinéma avait respectivement classifiés « – de 12 ans » et « – de 16 ans ». Selon la rue de Valois, il s’agit de faire respecter les avis de la commission compétente du CNC et de ne pas condamner à une mort commerciale certaine des films qu’aucune salle ne veut projeter dès lors qu’ils ne sont pas accessibles aux mineurs.

C’est pourtant le sort que Fleur Pellerin entendait faire subir au documentaire Salafistes. Après l’avis du CNC, l’ancienne ministre de la Culture avait décidé de l’interdire aux moins de 18 ans… Une décision finalement retoquée par la justice après un recours des producteurs. Certains ne manqueront pas de noter que le cinéma commercial, violent ou très sexué, bénéficie de l’appui du pouvoir politique qui entend soutenir une industrie, quand un documentaire controversé pour des raisons idéologiques se trouve de facto censuré par ce même pouvoir. Le débat est ouvert.

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