Au secours, mes parents stressent pour un rien !

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Tous les sujets, même les plus anodins, les inquiètent ? On analyse la situation et on respire !

La sirène des pompiers retentit dans leur quartier ? Ils se préparent déjà à évacuer les lieux. Parce qu’il s’agit sûrement d’une fuite de gaz dans leur immeuble. Ou bien d’une flambée dans la cage d’escalier. Ou peut-être d’une intoxication au monoxyde de carbone sur le palier. Illico presto, ils envisagent toutes les (pires) hypothèses. Ah non, finalement, le « pin pon » s’éloigne. Ce n’était rien. Cette mise sous tension pourrait nous amuser si elle ne nous exaspérait pas franchement. Qu’ont-ils fait de leur modération ? On s’énerve ou on cherche à les comprendre ? Essayons de décortiquer ce qui se cache sous leur inquiétude puissance mille, histoire de tenter de la désamorcer.

On mesure leur angoisse
Ne nous voilons pas la face, ce stress intempestif ne date pas d’hier. Il s’agirait plutôt d’un trait de caractère qui s’est renforcé au fil du temps et… des difficultés de la vie. Car avec leur grand âge, nos parents n’ont pas manqué d’en rencontrer. Et on ne porte pas le même regard optimiste et léger sur l’existence, quand on affiche deux décennies au compteur, ou près d’une dizaine. Ne comparons pas leurs soucis avec les nôtres ou ceux de nos enfants. Après tout ce qu’ils ont traversé, leur angoisse peut, légitimement, avoir tendance à grimper dans les aigus !

On se met à leur place
Si on peut tolérer une certaine propension à se faire du souci, hors de question cependant de les laisser s’enfoncer dans l’anxiété. Tout est question de juste milieu. Pour les aider à prendre du recul, nous devons faire montre d’empathie. Car n’oublions pas que cette peur, suscitée par chaque petit événement en apparence anodin, traduit une réalité : ils ont de plus en plus de mal à s’adapter. Autour d’eux, le monde cavale à une vitesse folle. Ils peinent parfois à suivre (et il n’y a pas qu’eux !). Leurs repères sont fragiles. Or ils ont besoin d’un bastingage, incarné le plus souvent par leur quotidien. La routine est familière, donc rassurante, et chaque épiphénomène venant la perturber est vécu comme une source d’incertitude déstabilisante. Et comme ils veulent se protéger de ce qui les inquiète, ils prennent de moins en moins d’initiatives. Résultat, ils se figent dans l’immobilité et tout leur semble redoutable. À la moindre anicroche, c’est le drame.

On fait diversion
D’abord, on évite de leur proposer plusieurs options car décider les perturbe trop. On bannit les questions du genre : « Vous préférez aller au cinéma ou au théâtre pour votre anniversaire ? » Désormais, on choisit. Dès que possible, on leur fournit des infos réjouissantes (une avancée médicale, une initiative conviviale… à nous de piocher dans les news), histoire de leur montrer que le monde n’est pas qu’un ramassis d’horreurs. Enfin, quand on sent monter la pression, on leur propose quelques exercices de respiration. Rien de mieux pour calmer la tempête dans un crâne et retrouver son discernement. Pour eux, comme pour nous.

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