L’association du mois : Réseau Rempart restaure notre patrimoine

Association Rempart / DR

Des bénévoles participent à la restauration d’un monument ou à la réhabilitation d’un site historique. En mettant la main la pâte dans tous les sens du terme.

Dans l’environnement exceptionnel de la lande aride des Corbières catalanes se dresse le mystérieux village de Périllos, dont les premières traces remontent au XIIIe siècle. Magnifique mais… à l’abandon. Pourtant, depuis quelques années, Fabienne, 70 ans, quitte la banlieue parisienne pour passer une partie de ses vacances dans ce coin isolé des Pyrénées-Orientales. Avec d’autres bénévoles, elle contribue à la restauration de ce site, conduite par l’association Terre de pierres depuis une douzaine d’années. Cette structure est membre du réseau Rempart qui propose les chantiers auxquels Fabienne participe au minimum deux fois par an. « L’idée de prendre part à la préservation d’un patrimoine architectural et naturel m’a séduite, raconte cette ancienne libraire. Quand on goûte à l’ambiance de ces chantiers et au plaisir de se lever tous les matins avec une vue aussi extraordinaire, difficile de faire machine arrière. »

Joindre l’utile à l’agréable, c’est ce que le Touring Club de France a souhaité fédérer, il y a quelques décennies, dans le sillage du succès de l’émission télévisée « Chefs-d’œuvre en péril ». L’idée est alors de permettre aux bénévoles qui ont entrepris la sauvegarde d’un monument d’échanger leurs expériences et de renforcer ainsi leurs moyens d’action. Le réseau Rempart prend forme. Son objectif ? Accompagner des associations locales dans l’accomplissement de leur projet de réhabilitation ou d’entretien de monument ou de site.

Cinquante ans plus tard, Rempart est le premier mouvement national œuvrant, de façon concrète et organisée, pour la sauvegarde du patrimoine. Chaque année, des milliers de bénévoles se retrouvent sur des chantiers de restauration du patrimoine éparpillés dans toute la France, et même à l’étranger : château médiéval, lavoir, hameau à l’abandon, moulin, chapelle ou église romane, forteresse, cimetière, chemin de fer…

Quant Fabienne ne s’investit pas à Périllos, elle passe du temps sur le chantier du lavoir d’hiver de Toulx-Sainte-Croix, dans la Creuse. Elle y a découvert l’art de la pierre sèche. « L’ambiance, le rythme de travail varient beaucoup d’un chantier à l’autre », explique-t-elle. Durant quelques jours ou quelques semaines, des bénévoles de tous horizons et de tous âges se retrouvent autour d’un projet commun en autonomie. En plus de l’apprentissage des techniques traditionnelles de restauration (maçonnerie, taille de pierres, charpente, construction de murs en pierres sèches, enduit à la chaux…), chacun participe à la cuisine, au ménage et à l’organisation des loisirs. Cette expérience du « vivre ensemble », toutes générations confondues, a séduit Fabienne. Même si elle demeure farouchement attachée à son indépendance et préfère planter sa tente plutôt que vivre en dortoir. « J’aime me retrouver avec des jeunes, mais dès le premier jour, je pose le cadre : je ne suis ni votre mère, ni votre grand-mère, donc tout le monde met la main à la pâte ! »

Suzanne, elle, n’a pas eu à planter sa tente bien loin. Elle habite à deux pas du cimetière Montmartre à Paris. « Il y a quelques années, j’ai participé à un stage de restauration avec une association spécialisée dans le patrimoine funéraire. Quinze jours en plein air dans la poussière et la saleté, il faut vraiment aimer ça ! sourit cette enseignante à la retraite. Et à ma grande surprise, je me suis plu dans cet univers, alors que je n’étais ni manuelle, ni bricoleuse ». Depuis, Suzanne participe à des chantiers de manière ponctuelle en fonction de son emploi du temps. « C’est gratifiant de participer à la sauvegarde des trésors de notre patrimoine. Et en plus dans une ambiance de colonie de vacances, ça évite de s’encroûter ! »

Lire aussi : zoom sur l’association « Les bouchons d’amour »

Ça vous intéresse ?

Les chantiers du réseau Rempart s’adressent à toutes les personnes motivées par la sauvegarde du patrimoine et attirées par la vie en collectivité.

Comment aider ?
Nul besoin de compétences particulières pour participer à la restauration d’une chapelle, d’un lavoir ou d’un château médiéval. Les animateurs qui encadrent les chantiers sont là pour apprendre les gestes aux bénévoles. L’important est d’avoir envie de partager un projet avec d’autres. Si vous craignez les tâches trop physiques, pas d’inquiétude. Il existe aussi des tâches moins pénibles mais tout aussi utiles.

A quel rythme ?
La plupart des chantiers dure une quinzaine de jours (35h/semaine). En dehors des travaux, des activités sont proposées : visites, randonnées, baignades, sports, loisirs. Une participation aux frais (nourriture, etc.) est demandée. Certains projets sont ouverts toute l’année. On peut aussi choisir d’investir plus régulièrement dans un lieu proche de son domicile.

Qui contacter ?
Rempart édite chaque année un catalogue et met en ligne sur Internet l’ensemble des missions proposées aux bénévoles. Tél. : 01 42 71 96 55 ou contact@rempart.com.

Publié le dans Notre époque

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