L’association du mois : La France Généalogique

© France Généalogique/DR

Depuis soixante-quatre ans, les bénévoles de cette association apportent leur aide à ceux qui se lancent dans la quête de leurs origines.

Telle une enquêtrice, Marguerite, 85 ans, émet des hypothèses : « Vous devriez vous rendre aux archives hospitalières pour retrouver sa trace. » Face à elle, Christine. Cette retraitée vient de commencer son arbre généalogique, elle est à la recherche d’une grand-tante disparue au siècle dernier. Peu aguerrie, elle vient demander des conseils aux bénévoles. Comme Marguerite, ils sont une soixantaine à connaître sur le bout des doigts les archives d’Île-de-France. « Les gens nous sollicitent pour récupérer des documents car ils sont loin ou ils ne savent pas où les trouver. Dénicher un acte – de naissance, de décès ou notarié – me prend une à deux heures, parfois seulement cinq minutes. On a un accès direct aux archives », explique Marguerite.

Thierry, lui, a commencé seul sa généalogie. De son propre aveu, il a perdu du temps. Aujourd’hui, il aime partager sa passion, dans les salons notamment : « Je rencontre souvent des personnes qui ont commencé leur arbre grâce à Internet, mais tout est à refaire, car ils se sont trompés. » Pour cet ancien pompier de 57 ans, aucun doute, les associations permettent de déjouer les pièges. « Les bénévoles ont l’expertise du terrain et les connaissances nécessaires. Par exemple, ils peuvent aider à déchiffrer des documents anciens. » Pour avoir eux-mêmes rencontré des difficultés dans leurs démarches, les bénévoles savent rassurer. Comme l’explique Marguerite : « Certains documents ont pu être détruits, mais il existe plusieurs autres sources d’informations pour contourner le problème : les archives militaires, les listes électorales, la presse, les registres de commerce…» 

Pour accompagner au mieux les néophytes, les bénévoles distribuent des arbres sommaires à remplir. Une case, un nom. « Quelquefois, on reçoit des mails avec simplement “Je recherche un grand-père”, sans nom, ni date. Dans ce cas, il est difficile de trouver quelque chose. Un arbre généalogique, c’est comme une maison, il faut partir d’une base solide pour ensuite construire dessus, explique Jeannine, trésorière de l’association. Alors avant de retrouver les morts, il faut interroger les vivants. » Une quête qui ne finit jamais vraiment. Pour preuve : Marguerite est remontée jusqu’en 1590, Thierry jusqu’en 1650, mais ils continuent d’œuvrer. Au cas où un document nouveau apparaîtrait, les guidant dans une autre direction.

Patricia, une informaticienne de 59 ans, explique : « Dès que j’ai besoin de souffler je fais de la généalogie, cela a une vraie vertu thérapeutique. » Et il y en a d’autres. À écouter les bénévoles, on comprend que beaucoup ont commencé pour des raisons personnelles. Au décès de son père, Évelyne s’est sentie seule et a souhaité retrouver des cousins, Marguerite voulait prouver que des terrains lui appartenaient. Plusieurs histoires intimes mais un même constat au final, résumé par Thierry : « Quand on met le doigt dedans, on est pris au jeu. Car toutes les découvertes que l’on fait, pour nous ou pour les autres, nous enrichissent. »

En plus d’aider des particuliers, les bénévoles de l’association francilienne travaillent au quotidien pour « redonner aux Parisiens leurs archives » dont une grande partie a brûlé pendant la Commune de Paris en 1871. C’est le cas d’Odile. À 90 ans, elle passe tous ses lundis aux archives. Sa mission ? Relever des informations sur d’anciens documents administratifs qu’elle rentre ensuite dans une base de données numérique. Des noms, des dates, des lieux. Autant d’indices qui serviront à reconstituer le puzzle d’une famille. « J’ai l’impression de faire revivre le passé. Je me raconte plein d’histoires dans ma tête, raconte Odile amusée. Parfois, on a des surprises, j’ai découvert que mes parents ont failli rejoindre les ordres, ils ne m’en avaient jamais parlé ! » Thierry, lui, a découvert des liens de parenté surprenants : « François Hollande, Michel Foucault sont mes cousins… certes très éloignés. » Ça en jette quand même, non ?

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Ça vous intéresse ?

Les cercles de généalogie ont besoin de bénévoles afin de renforcer leurs équipes partout en France. Liste des associations disponible sur www.genefede.eu

Comment aider ? En participant à la transcription d’archives, à la saisie de données ou à la recherche de documents aux archives.

A quel rythme ? Selon vos disponibilités et la tâche attribuée. Certaines saisies informatiques peuvent s’effectuer à domicile après formation.

Qui contacter ? Pour La France Généalogique, permanence le mardi de 14 à 17 h dans les locaux, tour Essor ( 22e étage), 14 rue Scandicci, à Pantin ou par téléphone 01 53 29 91 70. www.cegf.org.

Publié le dans Notre époque

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