L’association du mois : assistance et recherche des personnes disparues

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Des bénévoles viennent en aide à des familles confrontées à la disparition inexpliquée d’un de leurs proches. Un travail de fourmi qui nécessite patience et obstination.

Sur le site de l’association, les avis de recherche et les appels à témoins défilent. Des photos d’hommes et de femmes, parfois de mineurs, accompagnées de quelques informations : une description physique, des détails vestimentaires, la date et le lieu où ils ont été vus la dernière fois. Toutes ces personnes se sont un jour volatilisées, laissant leurs parents, leurs conjoints et leurs proches sans aucune nouvelle.

Créée en 2003, l’association Assistance et recherche des personnes disparues (ARPD) propose un appui aux familles anéanties par l’absence d’un être cher. « Il y a près de cinquante ans, j’ai moi aussi décidé de couper les ponts sur un coup de tête, raconte Ghislaine Debève, 70 ans, bénévole au sein de l’antenne Nouvelle Aquitaine depuis un an. Aujourd’hui, je veux soutenir ceux qui vivent dans l’angoisse d’ignorer ce qui est arrivé à leurs proches. »

Chaque année en France, près de 60 000 personnes s’évanouissent dans la nature, momentanément ou définitivement. Il s’agit toujours d’un événement très difficile à gérer pour l’entourage qui se retrouve souvent seul avec ses interrogations, notamment lorsque la situation perdure. L’ARPD a pour mission de conseiller, accompagner et soutenir, mais « en aucun cas de se substituer au travail des services de police ou de gendarmerie chargés des enquêtes », précise Pascale Bathany, sa présidente.

Pour bien des familles, cette association constitue une bouée de sauvetage dans un océan d’incompréhension. En effet, depuis 2013, la recherche dans l’intérêt des familles (RIF) a fait long feu. Créée après la Première Guerre mondiale, notamment pour retrouver la trace de poilus qui n’étaient pas revenus chez eux, cette procédure permettait de lancer une démarche pour tenter d’obtenir des nouvelles d’un proche majeur. Actuellement, les pouvoirs publics n’interviennent que s’il s’agit d’un mineur, d’une disparition jugée inquiétante (personnes sous tutelles, dépressives, suicidaires ou enlevées) ou dans le cadre d’une enquête judiciaire. « Certains choisissent de se payer les services d’un détective privé, mais tout le monde n’a pas les moyens de financer une telle démarche, explique Ghislaine. Nous sommes souvent le dernier recours de proches en souffrance qui n’acceptent pas de rester sans réponse. »

Depuis quinze ans, cette structure a développé une solide expertise en matière de recherches : « Quand l’événement remonte à quelques années, nous reprenons tout le dossier avec les familles pour voir s’il n’y a pas des pistes exploitables qui auraient été négligées », souligne Bernard Valézy, commissaire divisionnaire et responsable de l’antenne Auvergne Rhône-Alpes.

Le travail des bénévoles comme Ghislaine consiste à reprendre toute l’enquête de voisinage, passer des coups de fil, envoyer des mails, traquer le moindre indice qui pourrait mettre sur la trace des disparus. « J’ai déjà retrouvé plus d’une dizaine de personnes. C’est très gratifiant quand on appelle des parents ou une épouse pour leur dire : je sais où vit votre enfant ou votre conjoint. Toutefois, certaines personnes refusent de rentrer en contact. On se contente alors de dire aux familles qu’on les a retrouvés. »

En France, tout individu majeur et saine d’esprit a le droit de s’évaporer et de ne plus donner signe de vie. Malgré tout, les demandes ne cessent d’affluer chaque jour à l’association. « L’enquête judiciaire autour de Nordahl Lelandais a relancé bon nombre de dossiers, explique Bernard Valézy. Notre principal souci est d’aider les familles à faire reconnaître le caractère inquiétant de l’absence inexpliquée d’un de leurs proches. » Pourquoi est-il parti ? Est-elle toujours en vie ? Pourquoi ne se manifeste-t-elle plus ? Que lui est-il arrivé ? Certaines questions restent parfois sans réponse.

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