Langage : votre chien comprend mieux que vous ne le pensez

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Pas la peine de parler à notre chien comme si c’était un attardé mental. C’est pourtant souvent ce que nous faisons en nous adressant à eux d’un ton surjoué – enthousiasme, colère, douceur ou dureté. Un article de la revue Science montre que le cerveau canin traite le langage exactement comme le nôtre : en combinant intonation et sens. L’un avec l’autre, ou l’un sans l’autre. Comme chez nous, le sens est analysé par l’hémisphère gauche du cerveau, et le ton avec le droit.

Pour le déterminer, les chercheurs ont fait passer des IRM cérébraux à des chiens lambda, en parlant le langage de leurs maîtres et  d’autre part en prononçant des mots dénués de sens pour eux – « néanmoins », « pourtant ». Résultat : prononcé sur tous les tons, les mots connus activaient la partie gauche du cerveau, alors que les mots inconnus réveillaient la partie droite seulement s’ils étaient émis avec l’expression d’un sentiment. Vous suivez ? Vous avez bien mérité un su-sucre.

Poussant un peu plus leur exploration, les scientifiques ont adressé aux cabots-cobayes des paroles agréables d’une voix joyeuse : « Nous nous sommes aperçus que le centre de la récompense, ce lui réagit au plaisir sexuel ou a la nourriture, était alors activé, rapporte un des auteurs de l’article cité par Le Monde. Et seulement dans ce cas. Si seule la signification ou l’intonation est positive, il n’y a pas d’activation. Le chien ne se contente pas de segmenter deux informations pour traiter le langage commun, il combine aussi les deux résultats ». Comme nous, une fois de plus.

Ces résultats, troublants, tendent à montrer que le cerveau des mammifères ne s’est pas mis à traiter le langage à une époque récente de l’évolution, après l’apparition des grands primates : « Le circuit qui permet de traiter le langage était déjà présent chez l’ancêtre commun de l’homme et du chien, il y a quelque cent millions d’années. Certains pensaient qu’un big bang dans le cerveau humain avait permis au langage de pouvoir se mettre en place. Non, c’est juste une invention, comme la roue. Et si c’est vrai pour le chien, c’est très probablement vrai pour des animaux beaucoup plus proches de nous, comme les primates ».

Pierre Desproges disait : « plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ». On ne le démentira pas sur ce coup-là.

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