Faut-il parler de nos angoisses à nos parents ?

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L’environnement, le chômage, le rapport parfois compliqué aux enfants, les tensions dans notre couple… les sujets d’inquiétudes ne manquent pas. Autant de sources d’angoisses à partager. Avec nos parents ? Peut-être, peut-être pas.

Les arguments pour : 

  • C’est libérateur. On le sait, tout garder pour soi et ruminer nuit à la santé. Partager, y compris ses préoccupations, constitue une soupape de sécurité qui ne peut s’encombrer d’autocensure. Alors, oui, si le désir nous prend d’évoquer ce qui nous fait peur, ce qui nous rend anxieux, ce qui nous chagrine, parlons-en avec celui ou celle qui nous semble le plus apte à nous entendre. Et bien évidemment, nos parents comptent parmi ceux-là.
  • Ils ont le mode d’emploi. Qui mieux qu’eux pour écouter et entendre notre angoisse ? Il ne s’agit pas seulement de prêter une oreille attentive à ce qui nous turlupine, il s’agit aussi d’échanger, de confronter nos points de vue, d’émettre des hypothèses, de trouver des solutions. Nos parents nous ont vus grandir et changer, ils ont le mode d’emploi pour nous décrypter. Nous avons noué le dialogue avec eux depuis si longtemps. Pourquoi faudrait-il soudainement le rompre ?
  • Ils sont bienveillants. On sait bien qu’on ne peut pas toujours évoquer ce qui nous ennuie profondément avec nos amis ou nos compagnons de vie (surtout s’ils font partie du problème !). Il y a des terrains interdits, des pudeurs impossibles à dépasser, la peur de lasser… Avec nos parents, on ne craint pas grand-chose. Ce serait dommage de se priver de leur inconditionnelle indulgence.

Les arguments contre :

  • Il n’y a pas photo. Aller vider notre sac chez nos aïeux, quelle drôle d’idée ! On se démène pour alléger leur quotidien, les rassurer alors qu’ils vieillissent et deviennent fragiles, et on irait bousculer ce délicat édifice en leur parlant de nos angoisses… de mort, au hasard ? Certainement pas !
  • Ils entendent moins bien ! Enfin disons que leur oreille n’est plus au goût du jour ! D’accord, nous avons beaucoup partagé avec eux. Mais il faut avouer que depuis plusieurs années, voire décennies, ils ne sont plus nos confidents privilégiés. Un grand écart générationnel nous sépare. Que peuvent-ils percevoir de nos interrogations dans un monde qui tend à leur échapper. On cherche à être comprise. Or est-ce que là, nos parents n’auraient pas passé l’âge ?
  • Chacun sa partition. Ils nous ont élevés. Ils avaient des soucis, des difficultés et ils ont fait ce qu’il fallait pour nous en préserver. Aujourd’hui, on leur rend la pareille. On joue à 100 % ce nouveau rôle qui est le nôtre : celui d’enfant qui accompagne son parent vers la fin de vie. Avec délicatesse, générosité. Et le plus de légèreté possible. On étouffe ? Ouvrons un annuaire : les psys servent à ça !

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