Faut-il héberger nos parents chez nous ?

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Ce qu’on craignait pointe le bout de son nez. Ils n’ont plus tellement envie de rester seuls chez eux. Et on a bien compris qu’ils ont envisagé différentes options dont celle de venir s’installer à la maison.

Les arguments pour:

  • Un juste retour. Pas question de « dette » morale entre parents et enfants. Mais tout de même. Ils nous ont soutenus, aidés, parfois financés, en tout cas, ils ont toujours répondu présents dès que nous avions besoin d’eux. Aujourd’hui, ils réclament notre protection au point de suggérer de s’installer chez nous ? Ne leur fermons pas la porte au nez, accueillons avec simplicité cette possibilité de leur rendre la pareille.
  • Une heureuse convivialité. L’idéal, ce serait de leur réserver un espace indépendant. Pas question de se déposséder de la maîtrise de nos existences respectives. Ils ont envie de vivre à leur rythme. Et nous aussi. Quel plaisir cependant de retrouver à nouveau une maison vibrante, de prendre une tisane ensemble pour se réconforter un soir de pluie ou d’échanger une énième recette de gratin dauphinois avec leurs conseils en direct plutôt que de suivre un mauvais tuto sur Internet.
  • Un maximum de confort. L’autre option qui s’offre à eux serait de migrer dans une maison de retraite. Pratique sauf qu’il n’en existe pas forcément tout près de chez nous. Moralité, il nous reviendra d’aller les chercher ou de leur rendre visite aux horaires autorisés, de les retrouver dans un environnement collectif qui ne nous plaira qu’à moitié. Fatigant, voire déprimant. Alors, tant qu’on peut l’éviter, autant profiter d’eux sereinement. Chez nous.

Les arguments contre

  •  Chacun chez soi. Nos parents ont besoin d’être rassurés. On peut se mettre à leur disposition, leur offrir tout notre soutien mais dans leur cadre à eux : leur appartement, la maison de retraite qu’ils ont choisie… Parce que pour leur être dévoués, il nous faut puiser de la force dans notre propre équilibre qui repose sur notre disponibilité pour nos enfants, notre partenaire et… nous-même.
  • Le couple d’abord. Nos parents n’ont pas que des qualités. On les aime, on les comprend et on les excuse le plus souvent même si leurs petits travers empirent avec le temps. Et notre chéri, qu’en dit-il, lui ? Comment va-t-il supporter les positions politiques de notre père, tout en nuances… extrêmes ? Et le point de vue iconoclaste de notre mère sur la vie, le monde, l’univers, bref, sur absolument tous les sujets ? Le prix à payer pour notre couple risque de dépasser nos moyens. On évite.
  • Une (trop) lourde responsabilité. Nos parents se font vieux. Et nous aussi ! Nous n’avons plus la même disponibilité morale et physique qu’il y a encore une petite dizaine d’années. Nous aussi connaissons de petits soucis de santé, nous aussi avons besoin de tranquillité et de repos. Et l’on se dit que le jour où ils perdront leur autonomie – ça peut arriver – d’autres mains plus expertes, plus professionnelles que les nôtres sauront mieux les prendre en charge. Ils ne peuvent pas nous reprocher de vouloir le meilleur pour eux et pour nous.

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