Faut-il donner notre liste de Noël à nos parents ?

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Comme lorsqu’on avait 8 ans, l’approche des fêtes excite notre convoitise. Des idées de cadeaux, on en a tant que le traîneau du Père Noël n’y suffirait pas. Mais de là à écrire notre lettre pour passer commande à nos généreux parents…

Les arguments pour :

  • Éviter les déceptions réciproques. Ils nous connaissent si bien ! Quand on les remercie pour cette formidable bouillotte écolo, avec notre sourire forcé, ils nous ont déjà repérée. Car oui, qu’est-ce qu’on va faire de cette poche à noyaux de cerise ? On aurait préféré un joli vêtement ou une place de théâtre ! C’est limite vexant ! Force est de le reconnaître, on ne sait pas toujours faire bonne figure devant eux. Alors autant les dispenser de notre mine déconfite et leur signaler à l’avance ce qui nous réjouirait.
  • Leur simplifier la vie. Ils ont passé l’âge d’errer dans les rayons des magasins afin de dénicher LE présent qui fera notre bonheur. Ils n’ont plus l’énergie pour ces fadaises. Sans compter qu’ils n’ont pas tout suivi de l’évolution de nos goûts ni des trucs « à la mode » hautement désirables. Dès lors, pourquoi les laisser perdre leur journée dans le brouillard ? On les éclaire pour leur faciliter la tâche.
  • Contenter tout le monde. Au fond, qu’est-ce qu’on apprécie dans le fait d’offrir un cadeau ? Dépenser de l’argent ? Non : ce qu’on aime, c’est faire plaisir, voir les visages briller de joie, constater qu’on a visé juste. On voudrait leur gâcher ce moment de joie partagée, au motif que ce n’est pas du jeu de donner sa liste de Noël quand on a plus de 10 ans ?

Les arguments contre :

  • Privilégier la beauté du geste. Ils continuent de nous voir comme autrefois et nous offrent un chemisier taille 38 alors qu’il nous faut du 42 depuis belle lurette ? Eh bien, tant pis s’ils tombent à côté de la plaque et s’ils sont motivés par des certitudes que le temps n’a pas effacées. Ce qui compte aujourd’hui, c’est leur gentille intention. Le reste, le matériel, n’a pas beaucoup d’importance.
  • Laisser venir les surprises. Certes, il y a de fortes chances pour qu’ils se trompent et nous empaquettent un effarant ramasse-miettes ou une écharpe qui gratte. Mais il y a une certaine poésie dans cet inventaire à la Prévert de leurs trouvailles. Et parfois, au milieu de ces invraisemblances, se trouve un magnifique smartphone qu’ils ont vu à la télé, ou le billet du spectacle auquel on rêvait secrètement d’assister. Bref, d’heureuses gratifications.
  • Respecter leurs attentions. Ils ne nous demandent rien ? Dans ce cas, ils tiennent à conserver le privilège de choisir par eux-mêmes ce qu’ils désirent nous offrir. La preuve qu’ils sont encore dans le coup, qu’ils rêvent pour nous, se préoccupent de nous. Une démarche qui réclame notre plus grande considération.

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