Faut-il empêcher nos parents de tout garder ?

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Téléphones filaires, vieux vêtements, assiettes ébréchées… Sans basculer dans le syndrome de Diogène, ils commencent vraiment à accumuler. Alors, on les force à trier, ou pas ?

Les arguments pour…
Les souvenirs, c’est leur vie

Un objet, c’est aussi un symbole. Pour eux, conserver les choses est peut-être une façon de se rassurer sur ce qu’ils ont vécu, une porte ouverte, nostalgique mais nécessaire, sur le passé. Bien sûr, les bois de rennes achetés il y a quarante ans en Laponie prennent la poussière (et de la place) à la cave. Mais ils incarnent un moment heureux de leur existence, auquel nos parents repensent quand ils les voient. On ne peut pas leur enlever ça.

Ils s’évitent des problèmes
On est en droit de se gausser gentiment devant leurs classeurs croulant sous les factures : théière, voiture, sèche-cheveux… tous leurs achats (depuis toujours !) y figurent en bonne place. N’empêche, le jour où ils ont besoin de trouver une preuve d’achat, même si elle remonte à vingt ans, pour faire jouer une assurance, ils y parviennent. Pourrait-on en dire autant ?

Après tout, c’est chez eux
Tant qu’ils n’empilent pas les emballages sales de yaourts dans des boîtes de conserve, pas de quoi s’inquiéter. Le bazar ne les dérange pas, alors ne nous en mêlons pas. On ne vit pas chez eux. Laissons-leur cette autonomie, celle du choix. Ils en ont besoin, ne l’oublions pas.

Les arguments contre…
Trop, c’est trop

On n’a pas envie de voir leur maison se transformer, au mieux, en caverne d’Ali Baba, au pire, en déchetterie. Un objet qui ne sert plus encombre, il doit être donné ou jeté, sinon, la maison est envahie. Sans compter que la poussière s’accumule. Sous ce fatras de vieilleries, il devient impossible de respirer à pleins poumons. Il y va de leur santé, on ne plaisante pas avec ces choses-là.

Ça encombre aussi la tête !
Le feng shui, le zen, toutes ces philosophies sont unanimes (et ça ne doit pas être un hasard) : on n’est pas heureux lorsqu’on vit dans un bric-à-brac, on étouffe. D’abord, on entrepose dans un placard, ensuite, dans une pièce, puis dans plusieurs. Faire le ménage chez soi, c’est comme faire le ménage en soi. C’est bon pour l’équilibre général.

On ne peut pas trier à leur place
On vous l’accorde, cette pensée n’a rien d’altruiste. Mais le jour où nos parents prendront la route d’une maison de retraite, il nous reviendra sans doute de mettre de l’ordre dans leurs affaires. On ne veut pas avoir à trier sans eux.

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