Et si voyait nos petits-enfants séparément ?

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On les aime tous, on adore les grandes tablées et les rassemblements familiaux, mais les relations avec nos petits-enfants mériteraient peut-être davantage d’intimité.

Les arguments pour :

  •  Des moments plus vrais. Lorsque nos petits-enfants viennent chez nous avec leurs frères, sœurs, cousin.e.s, ils agissent en tant qu’individus au sein d’un groupe, avec les tensions que la situation peut engendrer. Comme beaucoup d’enfants, ils redoutent de se sentir exclus, ne veulent pas (trop) se faire remarquer, s’effacent pour se fondre dans le groupe ou, au contraire, entrent en compétition. Se voir en tête-à-tête signifie qu’on va pouvoir partager des moments sans faux-semblant, discuter de sujets qu’ils n’aborderaient peut-être pas en présence des autres.
  • Une question d’équité. Imaginons un frère et une sœur. L’un est très en demande, l’autre non. Nous allons logiquement accorder davantage de temps à celui qui réclame notre attention. Ce faisant, nous installons une relation inégale entre eux. En passant des moments avec chacun des deux, nous rééquilibrons les rapports. Question de logique et de juste partage.
  • Un peu d’attention, c’est bon. Si nous leur accordons une rencontre exclusive, il va falloir nous renseigner sur ce qu’ils aiment car ils n’auront pas d’autres jeunes pour s’amuser. À nous de nous creuser les méninges et de trouver des idées sympas qui leur correspondent. Avec à la clé, des moments précieux, pour eux comme pour nous.

Les arguments contre :

  •  L’esprit de famille d’abord. Parce qu’ils habitent loin, parce que leurs parents n’ont pas d’atomes crochus, quelles que soient les raisons, parfois, les cousins et cousines ne se fréquentent que sous notre toit. Les voir ensemble nous permet donc de leur offrir un terrain neutre où ils peuvent partager des moments entre jeunes, avec ou sans adultes. Ils nouent des liens familiaux, mais aussi, peut-être, des liens d’amitié tout court.
  • Le groupe, c’est révélateur ! Nous allons pouvoir découvrir comment ils interagissent avec d’autres enfants ou adolescents. Et mettre au jour des aspects de leur personnalité qu’ils ne dévoilent pas en notre seule présence. Or n’est-ce pas merveilleux d’entrevoir la richesse et la complexité de leur caractère et de nous y adapter (« Il a l’air susceptible, il faut que je fasse plus attention à ce que je dis », « Je ne savais pas qu’elle aimait la boxe ! ») ?
  • Plus on est de fous, plus on rit. Multiple, variée, traversée de tensions et de rires, d’agacements et de bonheurs, notre famille ne ressemble à aucune autre. Il n’y a que nous pour offrir à nos enfants tellement différents, et à nos petits-enfants tout aussi singuliers, l’occasion d’observer ce portrait de famille au grand complet. Alors, oui, on voit nos petits-enfants ensemble, parce que c’est dans ce joyeux brouhaha que notre histoire commune se construit.

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