Pour ou contre emmener les petits-enfants à la maison de retraite ?

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Il y a plus sympa pour passer un dimanche après-midi avec ses petits-enfants. N’empêche, c’est la vie. Alors, viendra, viendra pas…

Les arguments pour :

  • Vive l’intergénérationnel
    Certes, les arrière-grands-parents vont moins bien, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils vivent dans une institution. Mais ils sont encore vivants, capables de dialogue. Et s’ils ont carrément franchi la ligne rouge et qu’ils ne nous reconnaissent plus, on sait très bien, aujourd’hui, que les émotions demeurent : l’amour, l’attachement, la joie. Pourquoi négliger ce qui nous relie encore à eux ? Se concentrer sur l’essentiel, accepter une situation un poil inhabituelle permet aussi à nos petits-enfants de grandir.
  • Le droit de savoir
    Cacher la vérité n’a jamais été une option : les enfants ont un sixième sens, ils devinent à nos attitudes et à nos non-dits que des choses anormales se trament. Si quelqu’un manque à Noël, ils le remarqueront. Les confronter à la réalité, c’est leur dire qu’on ne les considère pas comme des idiots, qu’on leur donne une voix, ce qui revient à les prendre en considération. On aura pris soin de les préparer et de leur dire, avec des mots simples pour les plus petits, ce qui va se passer. Ensuite, s’ils n’ont plus envie d’y retourner, on laisse tomber. Mais au moins, on n’aura pas menti.
  • Un hymne à la vie
    Se confronter à des situations un peu difficiles peut les aider à prendre conscience de la chance qu’ils ont, de la fragilité de l’existence et donc du fait qu’il faut la chérir. Nos petits-enfants sont jeunes mais pas bêtas. Nous leur offrons une vision large, nous les sortons de leur pré carré, leur ouvrons l’horizon. Un rôle pas toujours évident mais qui compte. Et ensuite, à nous de leur expliquer notre point de vue : goûter et profiter des joies de tous les jours.

Les arguments contre :

  • Une douleur inutile
    L’ambiance des maisons de retraite est souvent anxiogène, simplement parce que certains patients ne sont pas en forme ou que les bâtiments manquent un peu de fraîcheur. Bien sûr, des ados peuvent affronter de tels lieux mais pour les plus petits, pourquoi tant de violence ? Ils ont bien le temps de découvrir la dureté et la cruauté de la vie, préservons-les encore un peu, ils seront assez vite rattrapés !
  • Des souvenirs abîmés
    Par ailleurs, ils risquent de garder une image dégradée, voire dégradante de leurs arrière-grands-parents, une impression vraiment dommageable. Ils risquent d’envisager la vieillesse comme une étape douloureuse et le grand âge comme un naufrage inéluctable, où l’on passe ses journées en fauteuil roulant sans se rappeler comment s’appelle notre voisin. Est-ce que ça va leur donner envie de grandir ? Pas sûr. Est-ce le message que l’on veut leur faire passer ? Encore moins.
  • Priorité au bonheur
    Les enfants poussent vite et nos petits-enfants ne dérogent pas à la règle ! Alors, plutôt que de sombrer ensemble dans la tristesse et le désarroi, privilégions avec eux les moments heureux, drôles, inventifs, gais et bourrés d’énergie. On a bien d’autres moments et occasions d’aller voir NOS parents. Et d’enfiler notre costume d’enfant à nous.

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