Doit-on obliger ses petits-enfants à déconnecter ?

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Et vas-y que je dîne avec mon téléphone. Et zou, je réponds alors qu’on regarde un film… Le temps que passent nos petits-enfants devant leurs écrans est simplement mirobolant. Est-on vraiment obligé de supporter ça ?

Les arguments pour
Il en va de leur survie. À force de rester le nez sur leur tablette, leur esprit et leur corps se rabougrissent. Ils se couchent tard, se décalent, et finissent par ne plus penser qu’à une chose : leurs fichus jeux. Ils ont la tête ailleurs, et préfèrent avaler trois chips pour grappiller quelques minutes d’écran plutôt que dîner sainement, avec nous. Bref, ne nous voilons pas la face, ils virent addicts. Il n’y a aucune raison d’être leur complice.

À quoi ça sert qu’on se décarcasse ? On les invite en vacances avec nous, alors on espère bien qu’ils auront l’amabilité de lâcher un peu leur téléphone, tablette, ordinateur… On a envie de profiter de leur présence, d’échanger, de partager, de les voir s’amuser. On va le leur prouver. Ils rêvent d’un tour en char à voile ? O.K., on y va ! On s’adapte à leurs demandes avec un seul mot d’ordre : qu’ils s’éclatent le plus possible. Nous, on renonce à notre soirée bridge et on rangera le salon plus tard. Donnant, donnant.

Ils s’ouvrent aux plaisirs de la vie. Quel intérêt de passer ses étés enfermés, à secouer des manettes de consoles, sans aller prendre un bain de soleil ou piquer une tête ? On attend la chaleur et les beaux jours toute l’année, on en rêve même sur les bancs du lycée. Alors, maintenant qu’on y est, on y va à fond. Couper leur téléphone garantit d’y goûter yeux et esprit grands ouverts.

Les arguments contre
C’est leur mode de fonctionnement. Aujourd’hui, leurs relations passent avant tout par les SMS, les jeux, les vidéos. Il s’agit du moyen de communication qui leur ressemble. Ils ont l’habitude de zapper, pianoter, s’envoyer des bêtises. Ils y trouvent leurs repères, et même si la chose nous échappe, elle compte beaucoup pour eux. Il ne nous revient pas à nous, grands-parents, de les extraire de ce qui leur tient tant à cœur.

Les copains, c’est sacré. Les priver de connexion revient à les priver d’interactions avec leurs amis, leur cercle. Or à leur âge, rien ne compte plus que la bande et les potes, filles et garçons. Généralement, ils considèrent les vacances en famille comme barbantes. Si, en prime, on leur enlève la possibilité de communiquer avec les leurs, c’est la fin. Ils vont déprimer et nous détester.

De quel droit on s’immiscerait dans leur vie ? O.K., nous, on ne vivait pas comme ça, mais cela signifie-t-il que c’était mieux ? Avoir une belle relation avec ses petits-enfants nécessite sans doute qu’on les prenne comme ils sont, avec leur déroutante modernité. On se réjouit de les voir, et ce qu’ils aiment probablement chez nous, c’est qu’on les respecte sans leur faire la morale… Continuons !

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