Couvrir les (petits) mensonges de ses petits-enfants, une bonne idée ?

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Oui, mentir, c’est mal. Mais franchement, cela arrive à tout le monde et une vérité arrangée peut retourner une situation, préserver la dignité, voire aider à grandir… Alors pourquoi ne pas aller en ce sens ?

Les arguments pour

  • Une fois (de temps en temps), ça va !
    Convenons-en, un bobard n’a jamais tué personne. Inutile de se glisser dans la peau de la moralisatrice de service. Notre petite-fille a obtenu une note passable. Elle craint la réaction de ses parents si elle l’avoue, et nous a promis de se rattraper en beauté au prochain contrôle ? Dans ce cas, la laisser gonfler ses résultats en attendant qu’elle obtienne mieux la prochaine fois, est-ce si grave ? En la suivant dans cette combine, on lui signifie qu’on a foi dans sa parole. Ça compte, non ?
  • C’est un signe d’indépendance
    Parfois, travestir la réalité revient à voler un morceau de liberté. Il ne s’agit pas de faire tomber l’autorité de son piédestal, bien sûr, mais plutôt de s’arroger un espace à soi, de prendre son indépendance. « Oui, je me suis couché à 22 heures », affirme sans sourciller notre petit chéri à ses parents. On le sait bien, nous, que c’était plutôt 23 heures. Et qu’il en a profité pour terminer ce roman qui le tient en haleine. Comment ne pas soutenir une telle démarche ?
  • Ça ménage les susceptibilités
    Notre petite-fille nous l’a confié : elle a honte que sa mère vienne la récupérer au collège. Mais elle ne le lui a pas dit, car il est évident qu’elle la vexerait. Sa solution toute trouvée ? Un argument basique : « Je préfère passer du temps avec mes copines. » Qui serions-nous pour rétablir la vérité, quitte à blesser deux personnes au lieu de zéro ?

Les arguments contre

  • On doit leur montrer l’exemple, non ?
    Si l’on paraît excuser chaque petit manquement à la vérité, nos petits-enfants finiront par croire que mentir ne porte pas à conséquence. Or c’est faux. Dissimuler une vérité peut avoir des conséquences, vous enfermer dans des schémas malsains, vous empêcher d’avoir des relations vraies avec les autres, ternir à jamais votre crédibilité. On dit stop tout de suite et on leur explique pourquoi.
  • Ça va semer la zizanie
    Si notre petit-fils affirme qu’il a perdu son hand spinner (cette petite toupie qui repose sur un doigt) alors qu’il l’a échangé avec un copain sous nos yeux, est-il bien raisonnable de corroborer sa version des faits ? Quelles que soient ses motivations (envie irrépressible, peur des remontrances…), il nous revient de remettre les choses à leur place. Quand bien même l’enjeu est insignifiant. Il en va de la paix de la famille car il y a fort à parier que ses parents (nos enfants), s’ils découvrent l’affaire, nous en veuillent terriblement.
  • Qui ment un jour, ment toujours
    Il arrive qu’une de leurs inventions nous fasse entrer dans une spirale. Si nos petits amours nous entourloupent une fois, de façon anodine  – « J’ai fini mes haricots verts » (ils ont tout jeté à la poubelle dès qu’on avait le dos tourné) – et constatent que ça passe, ils pourraient y prendre goût. Continuer sur leur lancée et finir par déraper en embrayant sur un mensonge taille XXL, du genre : « Je n’ai pas cours, mon prof de sport est malade », alors qu’ils sèchent. Mieux vaut couper court et ne pas les défendre d’emblée.

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