Accompagner nos parents chez le médecin, pour ou contre ?

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Soyons honnêtes : les rendez-vous médicaux rythment désormais leur vie. Pas toujours facile pour eux de s’y retrouver, d’ailleurs. Dans ces conditions, comment nous positionner ?

Les arguments pour :

  • Les rassurer
    Avec le temps, les rôles s’inversent doucement et notre place est désormais à leurs côtés. Une façon de leur signifier notre amour, certes, mais aussi le fait qu’ils ne doivent pas s’inquiéter, car ils ne sont pas seuls. On est là pour décortiquer les résultats, écouter leurs interrogations, servir de trait d’union entre eux et le corps médical au sens large. Bref, on leur prouve qu’ils sont entourés.
  • Faire preuve d’efficacité
    Lorsqu’on est directement impliqué dans un diagnostic, on fait parfois un rejet inconscient. Impossible d’entendre réellement ce que l’on nous dit. Et puis, même avec la meilleure volonté du monde, il arrive que l’on comprenne de travers. Dans tous les cas, les escorter permet d’obtenir des informations de première main, sans déformation ni ambiguïté possible. Un choix qui évite les couacs.
  • Ne pas imaginer le pire
    Cette place est aussi la meilleure pour nous, car elle nous empêche de nous inquiéter pour rien. Aucun risque de rater quelque chose si on est au premier rang des informés. Et donc aucun motif fictif, aucune élucubration pour nourrir la machine à stress. Nous avons toutes les cartes en main et pouvons dormir sur nos deux oreilles.

Les arguments contre :

  • Respecter leur autonomie
    Les accompagner envoie les signaux suivants : on ne leur fait pas confiance, ils sont incapables de se débrouiller par eux-mêmes. Cela revient donc à les rabaisser et à instiller du doute, alors qu’au contraire, ils ont besoin d’être soutenus et valorisés. Mieux vaut les laisser gérer, en toute autonomie… On stresse vraiment ? On communique nos coordonnées personnelles à leur médecin, si la situation devient sérieuse.
  • Leur laisser leur intimité
    Leur santé, c’est leur vie privée, et même si on les aime, ils ont le droit de choisir de ne pas nous dire ce qui leur arrive. Le cabinet du médecin est un espace privé, où ils doivent trouver une écoute et une liberté qui ne s’adressent qu’à eux. Notre présence revient à briser ce lien et à nous immiscer dans un aspect de leur vie qui ne nous regarde pas. À eux de décider s’ils partagent ou non ce qu’ils savent.
  • Se préserver pour mieux les entourer
    Ce temps alloué est-il nécessaire ? Non. Alors mieux vaut nous ménager, ne pas jouer les taxis et les parasites de salle d’attente, et rester en forme. On ne peut pas être sur tous les fronts. Ainsi, on se rend disponible pour d’autres moments avec eux, plus agréables, plus utiles, plus doux et aimants. Ils en ont aussi besoin.

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