Surfer écolo, c’est possible !

iStock/Getty Images

On le sait peu mais Internet est un sacré pollueur. Invisible. Pourtant avec quelques réflexes, il est possible de satisfaire à la fois sa curiosité technologique et sa fibre écolo.

L’industrie du Net pollue plus que le transport aérien ! Nous ne parlons pas ici du recyclage des produits électroniques comme les téléviseurs ou les ordinateurs, mais de pratiques du quotidien, comme une recherche sur Internet de dix minutes. Multipliés à l’échelle d’un pays, ils constituent ce que les experts appellent la « pollution numérique ». Regarder une heure de vidéo en streaming sur son smartphone consomme ainsi autant qu’un réfrigérateur pendant un an et envoyer un mail avec une pièce jointe de 25 Go à plusieurs contacts équivaut à laisser une ampoule allumée pendant 24 heures.*

Avant d’arriver sur l’ordinateur de votre destinataire, un mail effectue un long voyage énergivore. Il est d’abord traité par les serveurs de votre fournisseur d’accès à Internet. Puis il est envoyé sur le réseau Internet et à nouveau traité et stocké par le « data center » du fournisseur d’accès à Internet de votre destinataire avant de lui être transmis sur sa messagerie. Ce trajet est certes très rapide – il dure rarement plus de deux minutes –, mais aussi extrêmement polluant à chaque étape, notamment lors de l’étape du « data center ». Ces centres de données sont de gigantesques bâtiments composés de plusieurs dizaines de milliers d’ordinateurs dans lesquels sont stockées toutes vos activités numériques. Les systèmes de refroidissement mécanique de ces installations sont un véritable gouffre énergétique pour notre planète.

En 2014, Facebook a inauguré son premier « data center » écolo à Luleå, en Suède. Sa situation géographique, près du cercle arctique, n’est pas anodine. Le réseau social utilise l’air froid extérieur pour ventiler ses machines, refroidir son centre de données et diminuer son impact environnemental. D’autres géants du Web, comme Apple, Google et Amazon, amorcent également des politiques numériques plus écoresponsables. En attendant, il existe à notre échelle quelques gestes simples à adopter pour polluer moins tout en utilisant les technologies.

J’adopte un coach en écologie
90jours est un assistant personnel de transition écolo qui vous accompagne au quotidien. Saviez-vous que brancher plusieurs appareils sur une multiprise avec interrupteur consomme moins que plusieurs prises séparées ? Grâce à ce type de conseils sous forme de défis à réaliser, cette appli corrige nos automatismes et nous informe sans jamais nous culpabiliser. Chacune de nos actions sont chiffrées et, dans l’onglet statistique, il est possible de voir l’économie en émissions de CO2 et en litres d’eau consommés que nous réalisons grâce à ces petits gestes.

Je « nettoie » régulièrement ma boîte mail
Le bon sens voudrait d’abord que nous n’envoyions des courriers électroniques que si cela est réellement nécessaire. De plus, si envoyer un e-mail pollue, les stocker sans raison n’est pas plus vertueux. Il est utile pour la planète de vider régulièrement sa corbeille numérique. Nous vous conseillons d’utiliser Cleanfox. Cette application gratuite repère les spams et les newsletters indésirables et propose aux utilisateurs de les supprimer et de s’en désabonner facilement. Engagée auprès de l’ONG WeForest, Cleanfox consacre une partie de ses revenus à planter des arbres en Afrique. Et dès que l’on invite un ami à utiliser l’outil, un arbre est planté en Zambie.

J’utilise des navigateurs Web écoresponsables
Pour surfer écolo et réduire son empreinte carbone, tournez-vous vers des navigateurs alternatifs comme Ecogine, Lilo ou Ecosia. Aussi efficaces que les autres moteurs de recherches, ils reversent l’ensemble de leurs droits publicitaires – contrairement à Google, Yahoo et Bing – à des associations écologiques et environnementales. Cerise sur le gâteau, ces moteurs ne conservent pas nos données personnelles.

Je recherche mes batteries avec un chargeur solaire
La conception des chargeurs solaires est similaire à celle des panneaux photovoltaïques sauf que la création d’énergie renouvelable se fait ici à une échelle bien sûr moins importante. Pas la peine qu’il fasse 35 °C à l’ombre, le chargeur capte l’intensité de la lumière du soleil et non ses rayons en tant que tels. Par exemple, pour recharger complètement la batterie de 25 000 mAh (milliampères heure) du modèle RAVpower, il faudra entre 6 et 8 heures d’exposition. Ensuite, la batterie sera capable de recharger complètement jusqu’à dix fois un smartphone haut de gamme comme un iPhone 8. Chargeur solaire portable RAVPower 25 000 mAh, 49 euros.

* Étude de 2011 de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)

À lire aussi 

Feu de cheminée : comment faire des flambées plus écolos ?

Sur le même thème