Toutes les aides auxquelles vous avez droit après 60 ans

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La maturité a du bon. Si l’étiquette de « senior » est de moins en moins difficile à assumer, elle donne, en plus, accès à certains avantages. Revenus complémentaires, subventions pour aménager votre logement, exonérations d’impôts, tarifs allégés sur vos voyages ou séjours : avoir 60 ans – et plus – est un atout ! Voici une liste non exhaustive des aides dans lesquelles vous pouvez piocher, pour vous aider à dépenser moins.

Un peu de beurre dans les épinards
La fin d’une carrière professionnelle pèse souvent sur les finances d’un ménage. Selon le Conseil d’orientation des retraites, un pensionné sur dix dispose d’un niveau de vie inférieur à 1 080 € par mois. Si c’est votre cas, vous pouvez bénéficier d’aides. La plus connue est l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), versée si vous avez plus de 65 ans et que vos revenus ne dépassent pas 803,20 € par mois (1 246,97 € pour un couple). Le montant des allocations est exonéré d’impôts mais l’État peut récupérer l’intégralité de la somme versée sur votre succession si le total de votre héritage dépasse 39 000 €. L’allocation personnalisée d’autonomie (Apa) est versée aux plus de 60 ans qui ont besoin d’un minimum d’aide pour vivre au quotidien. Son montant est calculé selon vos besoins et le niveau de vos revenus.

Un coup de main pour les travaux
Vous voulez troquer votre baignoire antédiluvienne pour une douche à l’italienne ou refaire la cage d’escalier de votre maison en changeant le revêtement et en installant une barre d’appui ? Si vous réalisez des travaux d’adaptation de votre logement pour bien vieillir chez vous, vous pouvez profiter d’aides financières spécifiques. Accordées sous condition de ressources par les caisses de retraite, par certaines collectivités territoriales ou par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), elles offrent un coup de pouce non négligeable. Par exemple, la subvention de l’Anah pour des travaux d’aménagement spécifiques (liste disponible sur le site Anah.fr) peut atteindre, selon vos ressources, de 35 à 50 % du montant des factures hors taxes (plafonnées). Pour les obtenir, plusieurs conditions sont nécessaires : « le logement doit avoir été construit depuis plus de quinze ans et ces réaménagements doivent être liés à une avancée en âge ou à un handicap », précise Hélène Fouquet, chargée de mission autonomie au sein à l’Anah. Cette subvention peut être complétée par la prime « Habiter Mieux » si les travaux permettent de faire baisser votre consommation énergétique d’au moins 25 %.

Attention, ne commencez jamais vos travaux avant d’avoir pris contact avec l’Anah. Cette dernière vous mettra d’abord en relation avec un agent local, qui vous aidera à décrocher la subvention. « Nous offrons un accompagnement global qui inclut à la fois la réalisation d’un diagnostic à domicile, les préconisations de travaux par un ergothérapeute, l’aide à la recherche de financements et le suivi des aménagements », ajoute Hélène Fouquet.

Un allégement fiscal
À l’heure des discussions sur les futures exonérations de la taxe d’habitation, sachez que les plus de 60 ans bénéficient déjà, sous condition de ressources, d’allégements d’impôts locaux. Par exemple, si vous avez entre 65 et 75 ans et touchez des revenus modestes, vous profitez automatiquement d’une réduction de 100 € sur la taxe foncière de votre résidence principale. Si ce n’est pas le cas, foncez faire régulariser votre situation à votre service des impôts. Après 75 ans, toujours sous conditions de ressources, vous pouvez en être automatiquement exonéré ; vous pouvez aussi éviter de payer la taxe foncière de votre résidence secondaire – mais il faut en faire la demande.

Votre parent âgé vit seul à son domicile, a besoin d’un soutien financier et vous lui versez une pension alimentaire (chèque, virement) ou financez directement certaines dépenses (frais médicaux, nourriture, aide à domicile…). Ces sommes sont déductibles de votre revenu imposable, sans plafond, à condition que ses ressources soient limitées. « Nous conseillons de conserver la preuve des dépenses réalisées pour les justifier, si besoin, auprès de l’administration fiscale », précise Brice Laurent, consultant chez Fidroit. De son côté, votre parent doit déclarer ces sommes en tant que pension alimentaire. Si vous l’accueillez à domicile, vous pouvez déduire de vos revenus imposables une somme forfaitaire de 3 410 € au titre des dépenses engagées pour lui, sans justificatif. Pour cela, votre ascendant doit être âgé de plus de 75 ans et ses ressources être modestes (9 600 € pour une personne seule…). Si vous dépensez plus que le forfait, vous pouvez déduire les sommes réellement payées, toujours à condition de conserver les justificatifs.

Une aide à domicile
Vous pouvez prétendre, si vos moyens sont limités, à une aide ménagère à domicile proposée par le conseil départemental. Pour cela, vous devez avoir dépassé 65 ans, des revenus mensuels inférieurs à 803 € (1 246 € pour un couple) et ne pas toucher l’Apa (voir ci-avant). Si vous respectez ces conditions, les dépenses liées à l’aide à domicile sont prises en charge dans la limite de 30 heures par mois. En complément, votre caisse de retraite peut prendre en charge de 27 à 90 % de la facture en fonction de vos revenus.

Des voyages à petits prix
Vous avez envie de prendre l’air ? Sortez, voyagez ! Dans de nombreuses métropoles, les transports en commun proposent des tarifs réduits dès 60 ans (Bordeaux, Rennes, Toulouse…). En Île-de-France, la carte Améthyste, accordée sous condition de ressources, permet aux plus de 65 ans de voyager sur le réseau moyennant une participation financière très réduite. Si vous voulez partir plus loin, vous bénéficiez aussi d’avantages tarifaires très appréciables en France ou à l’étranger. En train, la carte Senior+ (60 €/an) offre des réductions de prix de 25 à 50 % sur vos billets. Le service Accès Plus de la SNCF permet aussi d’être accompagné gratuitement jusqu’à votre place dans le train (il faut réserver au moins deux jours à l’avance). Certaines compagnies aériennes ou de location de voiture chouchoutent aussi les seniors. Par exemple, Air France applique une ristourne dès 65 ans. La carte Avis Club Senior destinée aux plus de 55 ans donne quant à elle droit à des réductions de 10 à 30% sur les locations et des avantages sur certains services.

N’hésitez pas, enfin, à consulter les sites des chaînes d’hôtel ou des tour-opérateurs (Vacances Bleues, Thomas Cook…) qui foisonnent de bons plans tout au long de l’année. Par exemple, Mercure offre les petits déjeuners aux seniors et Best Western, un rabais de 10% sur le prix de la chambre… L’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) propose aussi aux plus de 60 ans une aide, de 150 ou 185€ selon la durée du séjour. Seule condition pour en bénéficier : payer moins de 61€ d’impôt sur le revenu. Faites vos valises !

Merci à Hélène Fouquet, chargée de mission autonomie au sein de l’Agence nationale pour l’habitat (Anah), Marc Darnault, associé au sein du cabinet Optimaretraite et Brice Laurent, consultant chez Fidroit

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N’oubliez pas votre pension de réversion

Si vous êtes veuf ou veuve, pensez à la réclamer. « Dans le régime de base, celui qui reste peut recevoir 54 % du montant de la retraite du conjoint décédé. Il suffit d’avoir au moins 55 ans et des ressources annuelles qui ne dépassent pas un certain montant, par exemple 20 300,80€ si l’on vit seul en 2017 », explique Marc Darnault, associé chez Optimaretraite. Faites aussi valoir vos droits auprès des régimes complémentaires (Arrco et Agirc). « La pension de réversion de ces régimes peut atteindre jusqu’à 60% de la retraite du défunt, à condition d’être au minimum âgé de 55 ans ou d’avoir deux enfants à charge ou d’être invalide », ajoute Marc Darnault. À noter : si votre défunt conjoint a été marié plusieurs fois, vous partagerez le montant de sa pension de réversion avec ses autres conjoints survivants au prorata des années d’union. Autre point important : certaines pensions de réversion cessent d’être versées si vous vous remariez, c’est le cas de celles issues de la fonction publique. Renseignez-vous avant de convoler à nouveau…

Publié le dans Conso futée

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