Ne laissez plus dormir vos vieux placements !

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Fourmi modèle, vous disposez d’une panoplie complète de produits d’épargne, dont certains végètent depuis un bon moment dans votre portefeuille et affichent une bien maigre rentabilité. Suivez les conseils de Serengo et agissez : fermez, conservez ou videz-les, selon les cas.

Depuis des années, vous investissez votre épargne sur différents placements, avec des versements souvent automatiques. Et vous vous en êtes peu à peu désintéressée. Dommage, car vous avez sans douter intérêt à clôturer ceux qui ne rapportent plus grand-chose pour concentrer votre épargne sur les plus rentables.

1. Les livrets : uniquement pour le court terme
Les livrets garantissent le capital et l’argent y reste disponible rapidement. Les plus connus sont le Livret A ou Bleu, et le LDD (Livret de développement durable, ex-Codevi). Aujourd’hui, à cause de la baisse des taux d’intérêt, ils ne rapportent quasiment rien. Leur rentabilité est même la plus faible de leur histoire depuis leur création : 0,75 % par an (net de tout impôt ou prélèvements sociaux). Un rendement bien maigre mais tout de même supérieur à l’inflation. « En théorie financière, rentabilité et risque évoluent en sens inverse : le taux de rendement des produits sûrs est donc le plus faible de tous les placements », explique Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.
Certains livrets bancaires (notamment ceux des banques en ligne) offrent des taux d’intérêt plus alléchants, de 1,5 à 3 % selon les périodes. Ne cédez pas à ces offres, sauf pour les quelques mois durant lesquelles elles sont valables. Car au-delà de la période promotionnelle, la rémunération baisse fortement et ces livrets perdent de leur attrait. D’autant que leurs intérêts sont, chaque année, fiscalisés avec vos autres revenus et soumis, en plus, aux prélèvements sociaux de 15,5 %.
Le conseil de Serengo : les livrets bancaires sont destinés à vous constituer un matelas de sécurité dans lequel puiser en cas de besoin. Vous pouvez aussi y investir des sommes destinées à un projet précis. Par exemple, le prix d’un nouveau véhicule ou d’une chaudière si les vôtres sont en fin de course, ou le financement d’un grand voyage en famille… Déposez donc uniquement sur votre livret la somme nécessaire à votre tranquillité et, pour votre excédent d’épargne, ouvrez un placement qui rapporte davantage.

2. Le plan d’épargne logement
Le Plan d’épargne logement (PEL) est un produit réglementé distribué par toutes les banques, ouvert aujourd’hui pour 4 à 15 ans. Sa rémunération est fixée pour toute sa durée de vie au moment de la souscription. La nouvelle génération, qui correspond aux PEL ouverts depuis le 1er août 2016, est rémunérée à 1 % brut (avant prélèvements sociaux), soit 0,85 % net. Seule condition pour obtenir ce taux : investir au minimum 225 € à l’ouverture puis verser au moins 540 € par an (soit 45 €/mois).
Si vous avez un PEL depuis plusieurs années, son taux de rémunération est bien plus élevé (par exemple 4,50 % s’il a été ouvert entre juillet 2000 et juillet 2003). Attention, à partir de son 12e anniversaire, les intérêts accumulés sont imposés avec vos autres revenus. « Certains conseillers bancaires ont fait clôturer à leurs clients de vieux PEL pour ne pas payer ces impôts, ce qui est une ineptie », remarque un banquier sous couvert d’anonymat. En effet, si vous avez ouvert votre PEL début 2005, il a fêté son 12e anniversaire cette année et ses intérêts sont fiscalisés. Mais ce PEL rapporte 2,50 %, soit 2,11 % après prélèvements sociaux. Si vous êtes imposé à 30 % (ce qui est important), votre rémunération tombe à 1,48 %. Soit quasiment le double de ce que vous rapporte un Livret A, avec les mêmes liquidité et sécurité.
Le conseil de Serengo : malgré son rendement bas, ouvrir un PEL aujourd’hui est intéressant pour acheter sa résidence principale. En effet, après quatre ans, ce placement garantit un crédit à 2,20 %. Pour le moment, ce taux est peu compétitif par rapport au marché mais il risque fort de le devenir dans les prochaines années, lorsque les taux d’intérêt auront remonté. Les droits à prêt peuvent être cédés aux membres de votre famille (enfant, petit-enfant…) qui détiennent un PEL. Même si vous n’avez pas de projet immobilier personnel, ce placement présente donc un sérieux intérêt pour devenir propriétaire dans la famille.

3. L’assurance-vie
Placement préféré des Français, « l’assurance-vie permet de se constituer un capital, de se préparer un complément de retraite ou de prévoir sa transmission », estime Cyrille Chartier-Kastler, président-fondateur de Facts & Figures. Malheureusement, tous les contrats ne se valent pas. Le fonds en euros des très bons contrats peut rapporter quasiment le double de celui des médiocres. Si vous avez fait le mauvais choix, impossible de transférer votre contrat, la loi l’interdit. Si vous être certain de ne pas utiliser votre capital d’ici quatre ans, fermez le vieux contrat et ouvrez-en un autre avec le capital récupéré. En effet, après cette durée, les intérêts des retraits sont taxés à 17,5 % (35 % avant) et ce taux tombe à 7,5 % à partir des huit ans du contrat, après un abattement de 4 600 € par an (9 200 € pour un couple).
Attention, si votre objectif est la transmission, que vous avez versé des fonds avant 70 ans et que vous avez dépassé cet âge, faites vos calculs. En effet, pour les versements réalisés avant l’âge de 70 ans, les sommes transmises profitent d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur le capital et les intérêts, puis sont taxées à 20 % au-delà (31,25 % au-dessus de 700 000 €). Après 70 ans, l’abattement global est de 30 500 € sur le capital. Au-delà, tout est soumis au barème des droits de succession. Après 70 ans, la décision de fermer ou non dépend donc de votre lien de parenté avec les bénéficiaires (les enfants disposent d’une fiscalité plus intéressante que les concubins) et des montants transmis.
Le conseil de Serengo : les conjoints et les partenaires pacsés sont exonérés de droits de succession. Une assurance-vie ne présente donc aucun avantage fiscal au sein d’un couple, quel que soit l’âge auquel elle a été alimentée. Si votre contrat est mauvais, fermez-le et ouvrez-en un autre, à la meilleure rentabilité.

4. L’immobilier locatif
Vous êtes propriétaire d’un appartement mis en location depuis des années ? Faites le point. « Les bailleurs sont viscéralement attachés à leur immobilier et ne veulent pas vendre. C’est une erreur, car un appartement qui se loue moins bien se déprécie », affirme Jean Perrin, président de l’UNPI (Union nationale des propriétaires immobiliers). Si votre logement met plus de deux mois à trouver preneur à chaque relocation, vendez-le. Même conseil si vous avez investi dans une ville qui perd chaque année des habitants et où le chômage grimpe. Cédez aussi un bien ancien si des programmes neufs au grand confort sont construits à proximité, car il sera plus difficile à louer. Avec les fonds récupérés, réinvestissez dans une petite surface située dans une agglomération dynamique où la population étudiante est nombreuse (Bordeaux, Lille, Nantes, Toulouse…).
Le conseil de Serengo : si votre appartement se trouve dans un bon quartier et dans une commune dynamique mais qu’il peine à se relouer, rénovez ! « Aujourd’hui, les standards ont changé et les appartements qui ne sont pas au goût du jour font fuir les meilleurs locataires », affirme Jean-François Buet, président fédéral de la Fnaim. En engageant des travaux, vous profiterez d’un formidable coup de pouce fiscal : ils sont intégralement déductibles des revenus fonciers.

Merci à Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, Cyrille Chartier-Kastler, président-fondateur de Facts & Figures, Jean Perrin, président de l’UNPI (Union nationale des propriétaires Immobiliers) et Jean-François Buet, président fédéral de la Fnaim.

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Publié le dans Conso futée

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