Contrats obsèques, bon plan ou arnaque ?

Zoé / L'un & l'autre

3 500 à 4000 euros, c’est le montant moyen des frais funéraires en France* : une somme qu’il faut acquitter bien avant le règlement de la succession, et que les héritiers doivent donc avancer. Pour leur éviter cette dépense et les tracas de l’organisation, de nombreuses personnes souscrivent donc une assurance « obsèques » : la Fédération française de l’assurance (FFA) dénombre plus de 4 millions de contrats en cours ! Comment ça marche ?

Souvent confondues avec les assurances décès, qui prévoient le versement d’un capital à un bénéficiaire en cas de décès, les assurances obsèques garantissent le paiement d’un pécule (1500 à 5000 euros) exclusivement dédié au financement des funérailles du souscripteur (l’assureur règle même souvent directement les services funéraires). En sus, une assistance logistique est souvent prévue pour informer et aider les héritiers.

Le choix entre plusieurs formules
L’assuré peut cotiser en une seule fois au moment de la souscription, par des versements mensuels sur cinq, huit, dix ou quinze ans, ou encore chaque mois jusqu’à son décès. Le hic ? Selon « 60 millions de consommateurs », qui a examiné à la loupe 8 contrats de géants du secteur, quelle que soit la formule choisie, on est rarement gagnant … sauf si on meurt jeune (un assuré de 62 ans débourserait en moyenne 4 815 euros pour que ses héritiers perçoivent 3 838 euros). Certes, répondent les assureurs, mais ce produit est une assurance, pas une solution d’épargne. « Il garantit au souscripteur qu’une somme suffisante sera allouée à ses obsèques, tout en lui permettant de les organiser à l’avance et d’alléger les tâches administratives de ses proches dans un moment difficile », fait aussi valoir Corine Monteil, de NousAssurons.com. Autre bémol ? Certains assureurs demanderaient de nombreux documents pour débloquer le capital le moment venu, exigeant jusqu’à l’original du contrat : pas évident à dénicher quand ce dernier a été conclu deux décennies auparavant ! « Pour régler ce problème, nous allons mettre en place un fichier centralisé recensant tous les contrats dès la fin du premier trimestre 2017 », promet la FFA. Dans tous les cas, avant de signer, vérifiez le délai de paiement après le décès (24 à 48 heures maximum) et les conditions générales. Et surveillez les frais, qui peuvent atteindre 10% des versements.

L’avis de l’expert : Corine Monteil, directrice générale de NousAssurons.com
« Prévenez vos proches que vous avez souscrit un contrat et conservez-le dans un endroit facile à trouver. Avant de signer, vérifiez qu’il est possible de changer d’avis – sur le type de prestations, par exemple –, voire d’annuler la souscription pour récupérer les sommes versées (le contrat doit indiquer une « valeur de rachat »). »

* Source : Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie (CPFM).

Lire aussi : 5 choses à savoir avant de souscrire une assurance obsèque

Publié le dans Conso futée

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