Aides à domicile : les allocations pour soulager les aidants

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S’occuper d’un proche âgé exige du temps, du courage, une sacrée dose d’énergie mais aussi de savoir déléguer ! Nos solutions pour vous alléger la tâche.

Parmi les huit millions de Français qui aident un proche dépendant, 58% refusent de passer le relais, même pour quelques heures (étude BVA pour Novartis). Un mauvais calcul. « De nombreux aidants perdent peu à peu contact avec leurs amis, négligent leurs enfants, leur couple, leurs loisirs et leur santé », déplore Florence Leduc, présidente de l’Association française des aidants. Résultat ? Un jour, ils craquent et sont finalement contraints de placer leur proche. « Ou, pis, comme un tiers des aidants, ils décèdent avant la personne qu’ils épaulent », rappelle Florence Leduc. Alors, pour être présent le plus longtemps possible, ménagez-vous. La bonne nouvelle ? Vous pouvez compter sur le soutien de l’Etat, du département, des caisses de retraite, de l’assurance maladie, et d’associations.

L’APA pour bénéficier d’un plan d’aide à domicile
Ne serait-ce que pour souffler quelques heures, il serait dommage de ne pas profiter des aides pour l’emploi à domicile. La plus connue ? L’APA, avec plus de 715 000 bénéficiaires à domicile. Destinée aux plus de 60 ans ayant besoin d’être surveillés ou accompagnés pour les actes essentiels de la vie courante (habillage, toilette, repas), elle finance un plan d’aide précis, à hauteur variable selon les ressources du bénéficiaire. En clair, le reste à charge augmente avec les revenus, sachant qu’en deçà de 800 euros mensuels, on ne paie rien (735 euros jusqu’au 1/03/2016). Un exemple ? Avec 1500 euros de ressources mensuelles, votre proche s’acquittera de 132 euros pour 500 euros d’aides par mois, 162 euros pour 700 euros et 250 euros pour 1300 euros (depuis le 1/03/2016).
Comment l’obtenir ? Faites la demande auprès du Conseil départemental (dossier à retirer au CCAS, Centre communal d’action sociale, ou dans un CLIC). Une assistante sociale visitera ensuite votre proche pour évaluer son degré de dépendance et le classer dans un Groupe Iso-Ressources de 1 à 6 (seuls les GIR 1 à 4 sont éligibles à l’APA, le GIR 1 étant attribué aux plus dépendants). Après validation par un médecin du Conseil général, vous recevrez une réponse. Et une proposition de plan d’aide : emploi à domicile, aménagement du logement, accueil de jour en établissement, etc. Depuis mars 2016, les plafonds des plans ont été revalorisés. Les GIR 1, par exemple, qui bénéficiaient jusqu’ici d’environ trois heures d’aide par jour, peuvent désormais prétendre à quatre heures (plafond porté à 1713 euros mensuels, contre 1313 euros auparavant). Conséquence : si votre proche percevait déjà l’APA avant mars dernier et utilise la totalité de son plan, le département prendra contact avec lui d’ici janvier 2017 pour réévaluer ses droits avec les nouveaux plafonds, si cela n’est pas déjà fait.

Les conseils de l’expert : « Lors de la visite de l’assistante sociale, pensez à lui faire part de votre fatigue et à demander, par exemple, des heures d’accueil de jour (lire ci-dessous) », conseille Pascal Jannot, de la Maison des aidants (le médecin traitant peut aussi être là). « En tant qu’aidant, vous pouvez être rémunéré par votre proche avec l’APA pour réaliser tout ou partie du plan d’aide, précise-t-il d’autre part. Dans ce cas, vous perdez alors l’occasion d’être seconder mais, en revanche, vous accumulez des droits à la retraite, à l’assurance maladie et au chômage. »

Pas éligible à l’APA, les autres coups de pouce
L’aide ménagère du département.
Pour un proche aux revenus modestes (moins de 801 euros/mois), l’aide ménagère du département peut financer jusqu’à 30 heures de services par mois (portage de repas, ménage, toilette, etc).

Aide au bien vieillir chez soi. Pour les retraités dépendant du régime général, la caisse de retraite (formulaire sur www.lassuranceretraite.fr ou via Allo Retraite au 3960) prend en charge les dépenses à hauteur de 27% à 90%, selon les revenus. « Comme pour l’APA, un expert évalue à domicile les besoins. Et, si la situation le justifie, propose un plan personnalisé (sécurisation du logement, aide ménagère, etc) », détaille Gauthier Caron-Thibault, de la Direction nationale de l’action sociale de la CNAV.

Prestation de compensation du handicap (PCH). Aide permettant la prise en charge de certaines dépenses liées au handicap (tableau) : ceux qui en bénéficiaient avant leur retraite peuvent continuer à la percevoir. Votre proche n’a droit à rien ou son reste à charge demeure important ? L’emploi à domicile donne droit à une coquette réduction d’impôt (50% des dépenses, une fois les aides éventuelles déduites).

Les conseils de l’expert : « L’aide ménagère accordée par la caisse de retraite peut aussi être attribuée aux aidants d’une personne dépendante. Par exemple, si le proche aidé bénéficie de l’APA, l’aidant peut en sus bénéficier de l’aide ménagère de la CNAV », précise Gauthier Caron-Thibault. Autre possibilité ? En plus d’aides à domicile, la caisse finance des travaux d’aménagement du logement (jusqu’à 3 500 euros de participation) et oriente vers des ateliers, groupes de paroles ou formations gratuits comme les « Cafés des Aidants », organisés avec des collectivités et l’Association française des aidants.

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APA : deux nouveautés pour les aidants

Depuis mars, les plans d’aides à domicile – lors de leur évaluation ou en cas de demande de réévaluation auprès du Conseil général – peuvent être dopés de 500 euros annuels pour financer quelques jours d’accueil temporaire de la personne dépendante (« droit au répit » de l’aidant). Et en cas d’hospitalisation de l’aidant, sous réserve de faire la demande au Conseil général – au moins un mois avant pour une intervention programmée -, l’APA peut être gonflée pour régler l’hébergement temporaire de l’aidé (jusqu’à 993 euros de bonus). Conditions ? L’aidant doit être indispensable à la vie à domicile de l’aidé et ne pas pouvoir être remplacé par un autre proche non professionnel (décret n° 2016-210, du 26/02/2016).

Publié le dans Conso futée

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