Dire des gros mots, c’est être honnête !

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Vous êtes grossier ? Vous lâchez des chapelets de jurons quand vous avez quelque chose sur le cœur ? Il vous arrive de blasphémer ? Ne culpabilisez pas. Au contraire, vous êtes sans doute plus honnête et sincère que la moyenne. Si on considère l’affaire sous un angle moralisateur, le lien ne semble pas évident. On nous a tellement seriné au cours de notre éducation que c’était « mal » de dire des gros mots ou, pour les plus croyants, « de prononcer en vain de nom du Seigneur » qu’inconsciemment, nous associons vulgarité et malhonnêteté. Tout cela est subjectif comme tendent à le montrer deux études menées par des chercheurs de l’université de Cambridge.

Dans la première, on a demandé à 276 cobayes de répondre à quelques questions sur leurs (mauvaises) habitudes de langage et les conditions dans lesquelles ils utilisaient celui-ci. Ils ont été ensuite soumis à un test de mensonge. Résultat, les plus mal élevés étaient aussi ceux qui mentaient le moins.

Par ailleurs, les scientifiques ont traqué le juron parmi la prose de 75 000 utilisateurs de Facebook, pour une conclusion similaire : les personnes au langage écrit le moins châtié étaient aussi celles employant des tournures qu’une autre enquête avaient modélisées comme étant liées à l’honnêteté.

L’un des auteurs de l’étude souligne que « le juron est souvent inapproprié (ah ce politiquement correct anglo-saxon ! NDLR), mais il peut aussi être l’indice que quelqu’un dit honnêtement son opinion. Tout comme il ne filtre pas son langage pour être mieux considéré, il ne filtrerait pas non plus son point de vue. »

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