Arthrose, Michel-Ange aussi ?

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S’il a peint jusqu’à son dernier souffle, Michel-Ange n’avait plus la main si leste à la fin de sa vie. « Je suis rompu, crevé, disloqué par mes travaux« , s’était-il d’ailleurs plaint dans une de ses correspondances. Surmenage ? Douleurs rénales ? Trouble neurologique ? De nombreux maux lui ont été attribués. On a même parlé de goutte. Un spécialiste de la chirurgie plastique italien, Davide Lazzeri, vient de remettre en cause cette dernière hypothèse dans une étude publiée dans le Journal of The Royal Society. Le père des célèbres plafonds de la chapelle Sixtine, au Vatican, aurait plutôt eu les doigts crispés par l’arthrose.

Comment peut-on en être certain ? Davide Lazzeri et d’autres chercheurs transalpins ont passé au scalpel trois portraits du maître de la Renaissance, lorsque ce dernier avait entre 60 et 65 ans. Sur l’un d’eux, notamment, la main gauche de Michel-Ange, représentée pendante, montrerait des signes d’arthrose. Cela paraît un peu léger. Même si on imagine que l’auteur dudit portrait n’a pas dessiné une menotte déformée pour ajouter un effet dramatique à sa toile.

Nos scientifiques concluent même que l’artiste ne pouvait souffrir de la goutte, puisqu’on ne distingue sur les tableaux ni gonflement de la paluche, ni tophus (excroissance au niveau d’une articulation caractéristique de cette maladie). Le problème, c’est qu’on ne pourra jamais vérifier leur hypothèse, puisque l’église Santa Croce de Florence, où le peintre repose, interdit toute investigation scientifique sur sa dépouille.

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