Vrai/faux : les vertus santé de la sieste

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Un petit break pour vous, un grand pas pour votre santé ? On prête à cette pause ensommeillée de nombreuses vertus. À tort ou à raison.

Elle stimule le cerveau
Vrai. Quand on manque de sommeil, les connexions entre les neurones sont saturées. La sieste les remodèle et améliore ainsi considérablement l’acuité intellectuelle. En 2015, un protocole scientifique mené par l’université de Genève a comparé les résultats de deux groupes de volontaires, l’un adepte d’une petite pause après le déjeuner, l’autre non. Les premiers ont fait preuve de facultés de mémorisation nettement supérieures, notamment parce que leur hippocampe était beaucoup plus actif. Pour les mêmes raisons, la sieste booste aussi nos capacités créatives.

Elle nous rend plus sensible
Faux. La sieste minore le ressenti de la douleur. Dans des travaux publiés en mars 2016 dans la revue Médecine du sommeil, le chercheur français Brice Faraut a montré que les personnes qui avaient compensé une courte nuit de deux heures par un repos de trente minutes témoignaient d’une sensibilité moindre que ceux qui n’avaient eu droit qu’aux deux heures de sommeil seules.

Elle dope la qualité de nos nuits
Faux. Trop longue ou commencée trop tardivement, la sieste peut gêner le sommeil nocturne. C’est particulièrement vrai quand on avance en âge : à partir de 55-60 ans, l’horloge biologique se décale avec un coucher avancé le soir et un lever plus matinal. Une plage de sommeil trop conséquente en pleine journée perturbera ce rythme et entretiendra les insomnies.

Elle agit sur l’hypertension artérielle
Vrai. En 2015, un médecin grec, Manolis Kallistratos, a réalisé une étude prospective pour mesurer l’impact d’une sieste de mi-journée auprès de 386 patients hypertendus. Après un examen très poussé de leurs marqueurs cardiaques, il a constaté que les dormeurs avaient une pression systolique (la pression la plus élevée mesurée lors de la prise de tension) 5 % plus basse que ceux qui veillaient. La pratique de la sieste permet donc d’abaisser le risque cardiovasculaire et également de diminuer la quantité de médicaments hypertenseurs que l’on prend.

Elle décuple la vigilance

Vrai. Les carences de sommeil ont tendance à altérer notre état de réactivité et à provoquer des somnolences qui peuvent avoir des conséquences dramatiques, notamment lorsqu’on conduit. En s’assoupissant, même à peine dix minutes, on contribue à faire revenir l’organisme à la normale.

Merci au Dr Éric Mullens, spécialiste du sommeil et auteur de Apprendre à faire la sieste, et si c’était un médicament ? (éd. Josette Lyon).

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Silence, ça ronfle !

Outre le fait qu’elle ne doit pas s’éterniser (30 minutes maximum) et qu’il faut se reposer en début d’après-midi, une sieste régénérante obéit à d’autres règles : vous la pratiquerez de préférence en position allongée ou à défaut, assise, le dos droit et en appui, la tête penchée en arrière ou en avant. Cherchez le silence et la pénombre ou équipez-vous d’un masque et de bouchons auditifs.

Publié le dans Check-up

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