Troubles de la mémoire : comment éviter les médicaments ?

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« J’ai la mémoire qui flanche… j’me souviens plus très bien » : nos solutions alternatives pour améliorer vos fonctions cognitives.

Impossible de vous rappeler la rue où vous avez garé votre voiture, le prénom du petit ami de votre petite-fille… Lorsque vos souvenirs vous font de plus en plus fréquemment défaut, n’hésitez pas à faire un bilan médical, car il peut s’agir, entre autres, d’un problème d’hypertension ou d’hypothyroïdie. Prenez aussi rendez-vous pour un test de mémoire dans un centre spécialisé à l’hôpital. Tout est ok ? Alors sachez que la mémoire s’use avec le temps. Pour réagir, le Dr Pierrick Lebain préconise de pratiquer sports et loisirs. Les chercheurs pointent en particulier l’importance des relations sociales. On vous livre les clefs pour vous passer de médicament et retrouver naturellement la mémoire.

Je dors mal la nuit et je mélange tout le jour
Le cerveau ayant besoin de cycles de sommeil équilibrés, passer de mauvaises nuits peut provoquer des troubles de la mémoire. « Un mauvais sommeil crée une double peine, explique Pierrick Lebain. D’une part, il compromet le processus de consolidation des apprentissages dans le cerveau, qui se produit lorsque l’on dort ; d’autre part, il génère une fatigue accumulée qui empêche de se concentrer suffisamment dans la journée pour enregistrer les informations. »
La solution : un exercice d’autohypnose « Commencez par effectuer trois grandes respirations par le ventre, conseille le Dr Patrice Cudicio, médecin et hypnothérapeute. Les yeux ouverts, imaginez que vous fixez très fort un point au milieu de votre front. Puis laissez vos yeux redescendre en même temps que vos paupières. Concentrez-vous sur votre respiration abdominale, sans la forcer, et répétez en vous-même le mot “calme ». Imaginez maintenant que vous tenez un cahier d’écolier entre vos mains, sur lequel vous écrivez une phrase qui représente pour vous le fait de s’endormir. Il peut s’agir tout simplement de “Je m’endors ». Écrivez mentalement la phrase plusieurs fois, en visualisant bien chaque lettre. »

Je prends des somnifères et j’ai l’esprit confus
Le problème se pose principalement pour les médicaments de la classe des benzodiazépines. « Ils ont des effets délétères sur la mémoire et l’attention, confirme le Dr Lebain. De plus, leur efficacité s’amoindrit au cours du temps. »
La solution : la valériane et l’escholtzia. Ces deux plantes sont reconnues par les phytothérapeutes comme une très bonne alternative aux somnifères. Elles facilitent l’endormissement, diminuent les réveils nocturnes et aident à rééduquer les cycles de sommeil. On peut en prendre deux gélules chaque soir, avec l’accord de son médecin. On fait également appel à lui si l’on consomme des somnifères depuis longtemps, pour réduire petit à petit les doses et limiter les effets du sevrage.

Je viens de déménager et je ne sais plus où j’ai rangé les choses
Il s’agit davantage de troubles de l’attention que de problèmes de mémoire, car les grands bouleversements deviennent plus compliqués à gérer avec l’âge. Cette perte de repères provoque une légère confusion qui empêche le cerveau de bien enregistrer les informations. « Le problème n’est pas de ne pas retrouver l’information dans sa mémoire : elle n’a tout simplement jamais été enregistrée », explique Pierrick Lebain.
La solution : des exercices de relaxation. Plusieurs fois par jour, on prend le temps de s’asseoir tranquillement et de respirer profondément par le ventre six fois d’affilée. On s’oblige aussi à ne faire qu’une seule chose à la fois. Enfin, on utilise provisoirement des listes pour se rappeler où l’on a rangé les objets.

Je suis traité pour dépression et j’ai des oublis
La plupart des médicaments antidépresseurs peuvent provoquer troubles de l’attention et trous de mémoire, surtout en début de traitement. Mais certains d’entre eux ont des conséquences beaucoup plus marquées : ce sont les anticholinergiques. Ces molécules agissent sur un neurotransmetteur impliqué dans la mémoire.
La solution : le millepertuis. C’est une option naturelle et efficace contre les dépressions légères à modérées. Bien sûr, on ne modifie jamais un traitement sans en parler à son médecin, car il est toujours possible qu’il ne soit pas la cause des problèmes. De plus, le millepertuis est à utiliser avec précaution, en raison des risques d’interaction avec d’autres médicaments. On peut le prendre en gélules, à raison de 300 mg, trois fois par jour. Il est également très important de faire l’effort de parler avec un psychologue.

Notre cocktail booster de cerveau
Mieux vaut prévenir que guérir : adoptez un mode de vie qui prévient les problèmes de mémoire.

  • Mangez des pommes. Elles sont une bonne source d’antioxydants, ces fameuses molécules qui protègent les cellules des dommages causés par les radicaux libres. Leurs bienfaits sur le système cardio-vasculaire permettent notamment de maintenir une bonne vascularisation du cerveau.
  • Privilégiez les poissons gras. Sardine, hareng, maquereau, saumon… Une étude publiée en 2012 dans la revue Neurology a montré qu’un régime pauvre en oméga-3 pouvait faire vieillir plus rapidement le cerveau et diminuer les facultés de mémorisation.
  • Bougez ! L’activité physique agit à de nombreux niveaux, de l’oxygénation des tissus aux bienfaits cardio-vasculaires en passant par le moral… Tous ces facteurs concourent à la santé du cerveau. En 2003, des chercheurs de l’University College de Londres ont montré qu’une activité physique régulière améliorait significativement la mémoire. Pour maximiser les bénéfices, l’idéal est de pratiquer un peu tous les jours, ou trois ou quatre fois par semaine, à raison de quarante-cinq minutes par séance. Si vous débutez, il est indispensable de faire un bilan cardiologique avant de vous lancer.
  • Stimulez vos neurones. « On sait que les personnes qui pratiquent des activités intellectuelles ont tendance à développer plus tardivement les maladies neurodégénératives », explique le Pr Benoît de Wazières. Le tout est d’y prendre plaisir. Les recherches les plus récentes sur la mémoire montrent que voir du monde, discuter, rire et s’ouvrir participeraient clairement à protéger le cerveau des maladies cognitives.

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Publié le dans Check-up

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