Sinusites, vertiges… Et si ça venait des dents ?

iStock/Getty Images

Certains troubles ou douleurs (mordantes !) dont on peine à cerner l’origine trouvent parfois leur source dans des problèmes de mâchoires ou de gencives mal ou pas soignés. C’est le moment d’ouvrir la bouche et les oreilles, on vous explique tout !

Les dents cariées : de redoutables colporteuses d’infection

  • Tendinites. Lorsque l’on a une carie, les bactéries et toxines présentes lors de cette atteinte infectieuse peuvent progressivement être libérées dans la circulation sanguine générale puis aller s’arrimer sur les tissus tendineux. Par ce même mécanisme, elles aggraveront une faiblesse déjà préexistante.
  • Vertiges et acouphènes. Là encore, l’infection d’une quenotte est susceptible de se propager jusqu’au labyrinthe – partie interne de l’oreille qui assure notre équilibre – et de provoquer sensations de déséquilibre et nuisances auditives.
  • Sinusite. Malgré des visites à répétition chez votre ORL et des traitements antibiotiques, votre sinusite revient sans cesse ? Il convient peut-être de vous intéresser à votre santé buccale. Les racines des molaires et prémolaires de la mâchoire supérieure voisinent avec les sinus maxillaires, voire empiétant dessus : contaminées par une carie qui atteint la pulpe dentaire, elles peuvent être à l’origine de vos sinusites. Lors d’une dévitalisation, de la pâte d’obturation peut aussi dépasser de l’extrémité de celles-ci et y entraîner la formation d’une aspergillose dans le sinus. Dans de plus rares cas, lors d’une extraction, ces racines peuvent se fracturer ou des amalgames qui recouvraient la dent migrer dans le sinus.

Les gencives altérées : de sacrées pourvoyeuses d’inflammation

  • Diabète. On appelle souvent la maladie parodontale – qui débute par des dépôts bactériens et par du tartre et dégénère parfois en abcès et déchaussements complets des dents – la « sixième complication du diabète ». À l’inverse, une parodontite non traitée peut rendre difficile le contrôle de la glycémie chez les diabétiques parce qu’elle entretient les facteurs de l’inflammation dans l’organisme, laquelle constitue le ressort principal du diabète.
  • Affections respiratoires. Par inhalation, les bactéries qui se développent dans le cas de la parodontite peuvent accéder aux voies aériennes supérieures et y provoquer une pneumonie ou y aggraver la broncho-pneumopathie obstructive (BPCO), grave maladie chronique provoquant une perte graduelle du souffle. L’irritation buccale qu’elle induit entretient par ailleurs l’altération de la muqueuse pulmonaire.
  • Problèmes cardiaques. Si vous avez déjà eu une alerte cardiaque ou que votre hérédité vous y prédispose, consultez régulièrement votre dentiste. De nombreux travaux scientifiques ont démontré que les problèmes de gencives encouragent le passage des germes infectieux dans le sang. Ceux-ci se fixent ensuite sur les parois des artères et y accélèrent la formation de dépôts graisseux baptisés plaques d’athérome. À terme, si celles-ci obstruent complètement une artère, cela entraîne un infarctus du myocarde.
  • Polyarthrite rhumatoïde. Si le lien de cause à effet n’est pas clairement prouvé, il est possible que les médiateurs de l’inflammation qui interviennent dans la parodontite puissent toucher les articulations. À travers leur étude publiée en 2017 dans Science Translational Medicine, des chercheurs américains et danois ont constaté auprès de 109 patients affectés par la maladie parodontale et 100 personnes qui en étaient exemptes, que ceux du premier groupe avaient un taux important de protéines citrullinées, molécules qui déclenchent la surréaction des anticorps et donc les crises de polyarthrite rhumatoïde.

Les mâchoires abîmées : de puissants déclencheurs de douleurs

  • Cervicalgies et dorsalgies. Des dents non remplacées ou une malocclusion dentaire, c’est-à-dire le non-ajustement des deux mâchoires (naturellement ou à cause d’actes de dentisterie mal réalisés), perturbent le fonctionnement des muscles qui assurent l’articulation entre celles-ci. Ce déséquilibre se répercute sur la posture du corps en général et suscite des douleurs, souvent au niveau des cervicales, parfois également du dos.
  • Céphalées. Si vos matins riment souvent avec maux de tête malgré vos huit heures réglementaires dans les bras de Morphée, envisagez la piste du bruxisme. Cette tension excessive des mâchoires, qui a divers catalyseurs dont le stress et la prise de certains médicaments, peut s’étendre aux autres muscles faciaux et y générer les fameuses douleurs au saut du lit.
  • Dépression. L’absence de certaines dents, notamment dans la zone du sourire, a une répercussion esthétique et incite certaines personnes à se replier sur elles-mêmes. Par ailleurs, lors d’une parodontite sévère, les dents deviennent très mobiles et empêchent de mâcher certains aliments. On aura également tendance dans ce contexte à fuir les opportunités sociales, telles que les sorties au restaurant. Autant de facteurs qui favorisent l’isolement voire la dépression.

Merci au Dr Christophe Lequart, chirurgien dentiste et porte-parole national de l’UFSBD (Union française pour la santé bucco-dentaire).

À lire aussi 

Le charbon végétal, faux-ami des dents ?

Publié le dans Check-up

Sur le même thème