Pollution : aïe, ça fait mal !

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Chronique mais invisible, la pollution de l’air nous touche en continu, quel que soit notre lieu de vie. D’autant qu’il n’existe pas de seuil en deçà duquel elle n’aurait pas d’effet sur la santé. Agressées en permanence, les cellules de notre organisme peinent à se réparer. D’après le Commissariat général au développement durable, son coût sanitaire s’élève chaque année, dans l’Hexagone, de 20 à 30 milliards d’euros. Toutefois, le ciel s’éclaire peu à peu, entre 2000 et 2016, la qualité de l’air s’est améliorée, et les concentrations moyennes de polluants ont diminué.

Particules fines : de vraies perturbatrices
Dans les années 1970, on surveillait déjà ces « fumées noires ». De diverses natures, les particules fines ou PM (pour particulate matter, en anglais) ont en commun un diamètre minuscule, qui les rend facilement transportables par les masses d’air. Les plus « grosses », baptisées PM10, mesurent moins de 10 micromètres (soit un centième de millimètre), les PM2,5, moins de 2,5 micromètres ! Les particules fines proviennent du chauffage résidentiel (au bois, majoritairement), de l’industrie et du trafic routier (moteurs diesels, notamment), ainsi que, pour les PM10, des activités agricoles. Et si les teneurs en PM10 et PM2,5 son mesurées chaque jour, les ultrafines (PUF), dont le diamètre est inférieur à 0,1 micromètre, ne sont pas soumises à des valeurs limites par la législation européenne … et elles échappent donc à toute surveillance.

Quels effets sur la santé ? Les particules fines sont préoccupent car elles pénètrent au cœur de notre anatomie. Si les PM10 sont retenues entre le nez et le larynx, les PM2,5 se déposent jusque dans la trachée et les bronches. Quant aux ultrafines, elles se fixent dans les bronchioles et alvéoles pulmonaires et peuvent passer dans le sang et atteindre tout l’organisme. Résultats ? Des pathologies respiratoires et cardio-vasculaires en pagaille, à commencer par des toux, des allergies respiratoires, de l’asthme, des rhinites… On sait qu’elles provoquent des cancers des poumons, des infarctus du myocarde, des ischémies cardiaques et cérébrales, des AVC. Mais elles peuvent également altérer la qualité du sperme. Enfin, les chercheurs les soupçonnent de jouer un rôle dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson. Tous les ans, en France, la pollution par les particules fines provoque la mort de 48 000 personnes. Si l’ensemble des communes respectaient les niveaux de PM2,5 observés dans les 5 % de communes les moins polluées, 34 000 décès seraient évités chaque année.

Oxyde d’azote : sacrément irritant
Cette catégorie de gaz regroupe le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2), le plus nocif, qui est testé quotidiennement. Sous l’effet du soleil, les oxydes d’azote contribuent à la formation des particules fines. Les secteurs du transport et l’industrie en sont les principaux pourvoyeurs. Entre 2000 et 2016, leurs émissions ont baissé de près de moitié, mais les niveaux moyens annuels enregistrés dans plusieurs zones du territoire français demeurent problématiques.
Quels effets sur la santé ? Le NO2 est très irritant pour les voies respiratoires. Il conduit à des bronchites, à des crises d’asthme et peut aggraver des maladies respiratoires existantes.

Ozone : à couper le souffle
Ce polluant dit secondaire se forme à partir d’autres polluants (hydrocarbures, oxyde d’azote et autres produits de l’industrie) émis par l’homme, notamment en été et dans le Sud, sous l’effet des UV. En France, sa concentration dans l’air peine à diminuer depuis vingt ans : les pics sont certes moins fréquents mais les normes sont régulièrement dépassées.

Quels effets sur la santé ? Il est à l’origine de gênes respiratoires, de toux sèches et d’asthme, de troubles de la vision, d’affections rénales et de vertiges. Des effets cardio-vasculaires ont également été observés.

Métaux lourds et benzène : nocifs pour les reins, le foie, le sang…
Présents dans l’air sous forme de particules ou de gaz, les métaux de type cadmium, mercure, nickel, arsenic, plomb…, sont issus de l’activité industrielle ou des transports (routiers, aériens, maritimes, fluviaux). Le benzène fait partie des composés organiques volatils (COV). Il est produit par le chauffage au bois et par les transports. Depuis 2000, ses émissions et sa concentration dans l’air ont beaucoup baissé.
Quels effets sur la santé ? En s’accumulant dans notre corps, les métaux lourds touchent le système nerveux et les fonctions rénales, hépatiques et respiratoires. Le benzène, lui, est cancérigène pour l’homme. Une exposition aiguë ou chronique à cet hydrocarbure a des conséquences sur le sang et le foie.

Dioxyde de soufre : un facteur déclenchant de maladies
Ce gaz incolore et toxique est libéré de façon naturelle par les volcans, mais aussi, et surtout, par l’industrie (79 % des émissions en France), via la combustion d’énergies fossiles. Le SO2 se mélange souvent avec les particules présentes dans l’air ambiant. Depuis 2009, les normes sont respectées partout en France (sauf en cas d’éruption volcanique). Seuls les environs de gros sites industriels (étang de Berre, régions du Havre et de Saint-Nazaire…) est encore sous surveillance.
Quels effets sur la santé ? Il irrite les yeux, gêne le fonctionnement des poumons et frappe le système respiratoire. Sa réaction conjuguée à d’autres particules et les pathologies qui en découlent sont encore à l’étude.

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Publié le dans Check-up

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