Pacemaker : démêlez le vrai du faux

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Implanté chez des milliers de patients chaque année, ce dispositif qui vient à notre rescousse quand on perd le rythme… cardiaque gagne à être connu.

Il traite les anomalies du rythme cardiaque
Vrai. On envisage la solution du pacemaker en cas de bradycardie, quand le cœur bat trop lentement ou de façon irrégulière. Ce dysfonctionnement perturbe l’apport de sang et d’oxygène dans le corps, et provoque fatigue, vertiges, syncopes… Implanté par un cardiologue rythmologue, il surveille le rythme et rétablit une fréquence cardiaque normale en stimulant le cœur avec des impulsions électriques. Plus rarement, on le prescrit dans certains cas d’insuffisance cardiaque (quand la force de contraction des ventricules est trop basse).

La pose nécessite une intervention chirurgicale « lourde »
Faux. Le spécialiste pratique une incision de 2-3 cm sous la clavicule afin d’insérer un boîtier en titane d’environ 25 g. L’intervention dure une heure en moyenne et le patient sort 24 à 48 heures après. Le pacemaker fonctionne comme un mini-ordinateur, connecté à une ou plusieurs sondes fixées dans le ventricule et l’oreillette droits. Quand la pile est usée, il faut trente minutes en chirurgie ambulatoire pour remplacer le boîtier. Avec les nouveaux modèles miniaturisés, gros comme un comprimé, la capsule est mise en place via un cathéter dans la veine fémorale, puis « fixée » au cœur par quatre ancres. Plus de besoin de sondes, qui peuvent s’abîmer, s’infecter… Quand la pile faiblit (douze ans en moyenne), on installe un autre boîtier à côté ! Bémol : ce dispositif non remboursé par la Sécurité sociale reste confidentiel (100 poses en 2016) et les spécialistes manquent de recul à son sujet.

On ne peut plus faire de sport
Faux. La reprise d’une activité sportive est autorisée et même conseillée après un mois. Il faut simplement éviter les activités à risque d’impact violent (arts martiaux, boxe) ainsi que les mouvements qui sollicitent de manière trop intensive l’articulation de l’épaule (badminton, tennis, squash, crawl).

Cela exige un suivi régulier indispensable
Vrai. Le cardiologue vérifie la cicatrisation un à trois mois après l’intervention puis le bon fonctionnement de l’appareil lors d’une consultation annuelle. Une télésurveillance, avec un boîtier connecté à distance, transmet les données au centre de cardiologie pour détecter en amont d’éventuelles anomalies.

Il faut fuir tous les appareils électroniques
Vrai et faux. Même si le risque d’interférences pouvant dérégler l’appareil est minime, on évite de stationner sous les portiques antivol des magasins, ceux des aéroports (montrer sa carte européenne de porteur de pacemaker). On évite aussi d’être à moins de 50 cm des plaques à induction. Le micro-ondes, lui, ne présente aucune contre-indication. Certains modèles de pacemaker sont « IRM compatibles  » mais le cardiologue le vérifie avant tout examen.

Merci au docteur Stéphane Boulé, cardiologue rythmologue à Lille.

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Publié le dans Check-up

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