Ostéopathie : démêler le vrai du faux

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La réforme de la formation des ostéopathes vient d’entrer en vigueur. L’occasion de faire le point sur cette médecine douce.

On peut exercer sans être médecin.
Vrai. 
En France, la plupart des ostéos (60 % des 25380 recensés) n’ont pas de titre médical. Mais la profession est réglementée. Depuis la rentrée, une loi impose de nouvelles règles de formation. Désormais, tous les futurs praticiens devront suivre un cursus de 4860 heures réparties sur 5 ans dans des écoles agréées par le ministère de la santé. Et pour obtenir leur diplôme, ils devront avoir effectué et fait valider 150 consultations complètes auprès de vrais patients. Ouf !

Il y a différentes formes d’ostéopathie.
Faux. 
Il y a une seule et même discipline mais différents types de manipulations : crâniennes, viscérales et articulaires. Au cours d’une consultation, l’ostéopathe peut utiliser indépendamment l’une ou l’autre de ces techniques ou bien les combiner. Tout dépend évidemment du diagnostic qu’il a préalablement posé et de l’état du patient.

C’est surtout intéressant pour soulager le mal de dos.
Faux. 
Définie comme une médecine complémentaire par l’OMS, l’ostéopathie vient en complément de la médecine conventionnelle. Son champ d’action dépasse largement le déblocage de dos coincés. Elle peut soulager aussi bien les tendinites que les troubles intestinaux, les migraines, les effets secondaires des chimiothérapies que les reflux ou les séquelles d’entorses. En revanche, elle ne traite pas les problèmes organiques. Inutile de consulter pour une angine ou toute autre maladie infectieuse. Et bien sûr, elle ne peut rien contre les cancers, les AVC ou les infarctus du myocarde.

Quand ça craque, c’est normal.
Vrai. 
Les manipulations articulaires peuvent en effet provoquer le fameux « crac » caractéristique, parfois impressionnant. Depuis toujours, il alimente les fantasmes et prête aux interprétations les plus fantaisistes. Certains patients y entendent le son émis par les os qui s’entrechoquent ou par le cartilage qui se décolle ! Bien évidemment, rien de tout cela ne se produit (sinon, changez vite de cabinet). Lorsque le spécialiste mobilise une articulation, une petite bulle se forme et elle se transforme en gaz sous l’effet de la pression exercée. Tout simplement. Rappelons aussi qu’une séance ne doit pas faire mal. Tout au plus peut-on ressentir une gêne voire une sensation désagréable (type courbatures) sur le moment ou dans les jours qui suivent mais jamais plus.

Ca peut être dangereux.
Vrai et faux. 
Comme tout traitement de santé, il y a de possibles effets secondaires qui vont de la légère sensation douloureuse ou de fatigue à la hernie discale et dans les cas les plus extrêmes, la dissection d’artère cervical (en d’autres termes l’AVC). Mais pas de panique, les accidents restent rarissimes (1 sur 4 millions de manipulations) et les ostéopathes biens formés savent déceler les situations à risque.

On peut tous se faire manipuler.
Vrai. 
Oui, et uniquement dans le bon sens du terme ! Les ostéos prennent en charge aussi bien les nouveaux nés que les séniors, les enfants, les ados que leurs parents… Il n’y a aucune limite d’âge même si des précautions s’imposent à certains moments de la vie. Pas de « craquage » par exemple chez les tout petits dont les tissus sont très mous, souples et fragiles. Prudence aussi avec les séniors ou les femmes enceintes pour qui quelques manœuvres ne sont pas appropriées.

Merci à Thibault Dubois du Syndicat français des ostéopathes.

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Publié le dans Check-up

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