« Notre âge ne reflète pas toujours celui de notre corps »

iStock/Getty Images

Le vieillissement est inscrit en nous. On ne peut pas y échapper et pourtant, ce processus naturel déclenche les pires résistances. Mais si avancer en âge signifie perdre un peu, bien sûr, c’est aussi gagner des connaissances, des souvenirs, et même de l’énergie et du temps pour soi. 3 questions au Dr Christophe de Jaeger*, président de l’Institut de médecine et physiologie de la longévité.

Pourquoi ne sommes-nous pas égaux devant les effets du temps ?
Le processus physiologique du vieillissement débute à partir de 20 ans environ. Les fonctionnalités du corps commencent à se dégrader, mais on ne s’en aperçoit souvent qu’à la cinquantaine. Cependant, chacun est différent, avec ses forces et ses faiblesses. L’âge chronologique ne reflète pas toujours l’âge physiologique, c’est-à-dire celui des différents systèmes du corps. Il nous arrive de voir des personnes de 65 ans qui sont dans un bien meilleur état physiologique que d’autres de 55 ans.

Peut-on freiner le processus ?
La plupart des gens pensent que c’est une fatalité, mais il y a une grande différence entre l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé. En France, l’écart est d’environ vingt ans. Nous pouvons gagner plusieurs années sur cette marge. Le but est de retarder l’apparition des maladies. Par exemple, j’ai suivi en consultation un homme dans la cinquantaine qui s’est mis au sport. Les examens ont montré que la qualité de ses artères s’est améliorée, elles ont « rajeuni » en quelque sorte. Les chercheurs s’intéressent aussi aux gènes, et notamment aux télomères [l’extrémité des chromosomes, ndlr] qui se dégradent avec le temps. Des moyens pharmacologiques, mais aussi la méditation ou certains antioxydants semblent en mesure de les régénérer, c’est-à-dire de ralentir une forme de vieillissement.

Comment bien vieillir ?
Je conseille de réaliser un bilan médical préventif pour dépister ce qui va bien et ses points faibles. Ensuite, il existe de nombreux axes d’intervention : en particulier un rééquilibrage alimentaire et une activité physique. Le but est surtout de gagner de la masse musculaire car le muscle intervient activement sur la qualité de nos métabolismes et en particulier du sucre. Il faut replacer la santé comme étant notre bien le plus précieux : on devrait prendre soin d’elle comme on prend soin de sa voiture !

*Auteur de Bien vieillir sans médicaments (éd. Cherche Midi).

À lire aussi 

Notre cerveau vieillirait-il dès l’âge de 20 ans ?

Publié le dans Check-up

Sur le même thème