3 méthodes pour en finir avec les addictions

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Tabac, alcool, jeu, médicaments… L’addiction n’a rien d’une fatalité encore moins d’un vice ! Il s’agit d’une maladie dont on peut se libérer pour se réinventer et refaire des projets.

Nous pouvons tous, un jour, basculer dans une forme de dépendance. Anxiété, stress, vulnérabilité psychique, difficultés personnelles ou professionnelles, choc émotionnel : les facteurs de risque sont nombreux et, face aux accidents de la vie, nous ne sommes pas tous égaux. Longtemps taboue, la prévention des addictions se développe, notamment dans le monde du travail. Et pour cause : 30,5 % des actifs fument quotidiennement (contre 29 % de la population), 16,7 % ont consommé en 2017 des benzodiazépines (anxiolytiques et somnifères) dans l’année (contre 13 % de la population). Et on enregistre 800 000 hospitalisations liées à la consommation d’alcool chaque année, qui reste la seconde cause de mortalité évitable après le tabac.

Perte de contrôle et souffrance
On parle de dépendance quand « le besoin finit par l’emporter sur le plaisir, jusqu’à nous envahir », explique le professeur Michel Reynaud, psychiatre addictologue et président d’Actions Addictions, qui fédère des associations de patients, des structures de soins et des unités de recherche, et coordonne un portail en ligne. « L’addiction est une maladie de la gestion du plaisir, des émotions et du système cérébral de récompense de celles-ci. Les produits ou le comportement addictif deviennent peu à peu un calmant indispensable pour les anesthésier. »

De nouvelles communautés thérapeutiques
Quelle que soit la nature de son « obsession », s’en défaire nécessite une prise de conscience : sortir du déni, accepter la maladie, souvent vécue dans la honte et la culpabilité, et se faire aider. Cet accompagnement, par un thérapeute spécialisé en addictologie ou dans un service hospitalier spécifique, s’impose d’autant plus que, si le sevrage peut être rapide, la dépendance psychique (l’envie de boire par exemple) et le risque de rechute perdurent. Le partage d’expériences avec des « patients experts », qui ont surmonté le problème, n’en est que plus précieux, estime le professeur Reynaud. « Ayant développé au fil du temps une connaissance fine de leur pathologie, ils font d’excellents médiateurs auprès des malades. Et les associations, les groupes de parole, les aides en ligne (tchat, forums…) ou les réseaux constituent un outil supplémentaire pour s’entraider et encourager les addicts à se mobiliser. »

L’hypnose
En quoi ça consiste ? Bien installé, les yeux fermés, on se laisse guider par la voix du thérapeute et on « revit » des expériences sensorielles et des perceptions positives pour se déconditionner du geste et de l’addiction à la nicotine. Une ou deux séances peuvent être nécessaires.
Combien ça coûte ? De 50 à 200 € la séance de 60 à 90 minutes.
Où se renseigner ? Sur le site de l’Association française pour l’étude de l’hypnose médicale : hypnose-medicale.com

Les ateliers d’éducation thérapeutique
Le principe. On y parle sans être jugé entre malades vivant ou ayant vécu la même situation, afin de devenir acteur de sa guérison. Certains sont animés par des patients experts. Dotés de solides connaissances de leur maladie, ils favorisent le dialogue avec les équipes médicales
Où se renseigner ? Sur universitédespatients.org et addictaide.fr
Pour aller plus loin : lesecretdelaurence.com : Inspiré d’une histoire vraie, ce jeu en ligne propose une enquête ludique pour déceler les signes de l’alcoolisme féminin.

L’accompagnement en CSAPA
Le principe. Ces Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie offrent une prise en charge orchestrée par des médecins, des psys et le service d’assistance sociale (si surendettement). Au menu : psychothérapie et suivi médicamenteux le cas échéant. Certaines associations proposent un accompagnement psy, social et juridique gratuit, ou des groupes de parole.
Où se renseigner ? Pour trouver un CSAPA près de chez soi : annuaire.action-social.org
Pour aller plus loin : joueurs-info-service.fr

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Publié le dans Check-up

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