La méditation, nouveau remède miracle ?

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D’abord réputée pour lutter contre le stress, cette pratique trouve maintenant d’autres applications médicales. On fait le point.

Elle traite la dépression
Faux. Quand on souffre d’une dépression, se concentrer est plus difficile et méditer n’a rien d’évident. En revanche, une fois passée la phase aiguë, c’est un outil puissant pour prévenir les récidives : son efficacité équivaudrait même celle des antidépresseurs. Elle aide en effet à fonctionner différemment au quotidien, en déjouant les ruminations et les émotions négatives, mais aussi, pour les plus assidus, en modifiant des mécanismes neuronaux. Et ce, sans (mauvais) effet secondaire !

Elle aide à combattre les maladies chroniques
Vrai. Porter attention à ses ressentis apprend à mieux déceler les sensations de son corps et à être plus à l’écoute de soi. En un mot : à se « voir » de l’intérieur et donc à mieux appréhender sa maladie chronique. Résultat : cela tend à diminuer l’anxiété qui accompagne la pathologie. Autre bénéfice de la méditation : cette connaissance de soi améliore la qualité des échanges avec le médecin, qui sera averti des changements par rapport à l’état habituel.

Elle diminue le stress
Vrai. Soumise à des situations anxiogènes répétées, l’amygdale cérébrale (noyau situé dans le lobe temporal) grossit et peut déclencher la sécrétion d’une trop grande quantité de cortisol, l’hormone du stress. Une méditation régulière entraîne le cerveau à moins réagir à ces émotions négatives, y compris en dehors des séances. Elle concourt à diminuer de manière significative l’activité de l’amygdale, de même que sa taille.

Elle supprime la douleur
Faux. La méditation n’efface pas la douleur elle-même. Mais elle diminue la perception qu’on en a lorsque celle-ci est chronique. En effet, des expériences cliniques ont prouvé qu’elle intervient pour atténuer, voire éliminer, la peur d’avoir mal qui, à elle seule, engendre de la souffrance. Celle-ci devient alors plus facile à supporter.

Elle freine le vieillissement cellulaire
Vrai. Les études n’en sont qu’à leur début mais les premiers résultats sont étonnants. Une pratique extrêmement intense (huit heures par jour pendant trois semaines) permettrait d’allonger les télomères, les extrémités de nos chromosomes qui les protègent de l’usure. Mieux encore, elle stimulerait la sécrétion de la télomérase, l’enzyme qui répare ces télomères. Un double effet qui viendrait ralentir le vieillissement de nos cellules… à condition d’avoir le temps.

C’est un bouclier anti-âge
Vrai. Et si méditer aidait à mieux vieillir ? C’est ce que Silver santé Study, une vaste étude menée à Caen, veut observer. 150 personnes de plus de 65 ans vont être recrutées. Une partie d’entre elles sera entraînée 18 mois soit à la méditation, soit à l’apprentissage de l’anglais. Les effets de ces exercices sur le cerveau seront ensuite mesurés pendant un an. D’après une étude pilote, la méditation pourrait aider à limiter les risques d’Alzheimer. silversantestudy.fr

Pour en savoir plus, lire « La méditation, une nouvelle thérapie », d’Émilie Dumond et Bruno Bucher, ed. Arte-Belin

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Publié le dans Check-up

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