La liste noire des médicaments à éviter

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Pour la septième année consécutive, la revue indépendante Prescrire publie sa liste des médicaments dont la balance bénéfices-risques est mauvaise dans les situations pour lesquelles ils sont autorisés. Autrement dit, ceux qu’ils seraient bons de retirer du marché en raison de leur nocivité. Ils ont analysé durant neuf ans 93 médicaments, dont 82 commercialisés en France. L’an dernier, un médicament qui figurait dans le bilan des médicaments que Prescrire conseillait d’écarter a cessé d’être commercialisé. Il s’agit de la télithromycine (Ketek°), un antibiotique macrolide – capable de diffuser ses actifs dans les tissus, voire à l’intérieur des cellules – généralement prescrit en cas de bronchites chroniques, angines, pneumopathies ou sinusites.

Ce bilan fait l’inventaire, par domaine thérapeutique (13 au total), des molécules qui n’offrent pas d’intérêt pour le patient. Et on en trouve partout, du traitement de l’hypertension à celui de la maladie d’Alzheimer, en passant par les antidouleurs. À noter cette année, l’entrée de nouvelles molécules du quotidien (disponibles sans ordonnance), comme la méphénésine (Décontractyl, Décontractyl baume) qui traite les courbatures mais dont la revue considère que l’efficacité n’a pas été démontrée « au-delà de l’effet placebo », alors qu’elle expose à des effets indésirables (somnolences, nausées, vomissements, réactions allergiques graves et abus et dépendances). Même chose pour l’oxomémazine (contenu dans le très connu Toplexil ou le Humex toux sèche) et la pommade pour fissures anales Rectogesic, pas plus efficaces qu’un placebo. Quant à la cimétidine (Cimétidine Mylan, etc…), utilisée pour les brûlures d’estomac et les renvois acides, elle expose à des interactions indésirables avec de nombreux médicaments. Enfin, l’acide obéticholique (Ocaliva) et l’ulipristal à 5 mg (Esmya), respectivement utilisés pour traiter la cirrhose biliaire primitive et les fibrome utérins, font leur entrée dans la liste des indésirables en 2019.

La revue diffuse gratuitement (en PDF) ce bilan sur www.prescrire.org, et explique pour chacun des médicaments analysés pourquoi il faut l’éviter et les alternatives existantes. Si votre traitement actuel fait partie de la liste, pas question pour autant de l’arrêter brutalement. Prenez rendez-vous avec votre médecin pour lui en parler.

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Publié le dans Check-up

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