Médicaments : après 60 ans, la liste est trop longue !

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Entre notre hypertension et notre arthrose, nos difficultés à dormir et notre lombalgie, nos ordonnances n’en finissent plus de s’allonger. Pour éviter la surenchère et privilégier les thérapies naturelles, suivez le guide.

Antidouleurs, antidépresseurs, somnifères, médicaments pour le cœur, contre le cholestérol… ouvrir son armoire à pharmacie, c’est souvent entamer un inventaire à la Georges Perec. À partir de 50 ans, on consomme fréquemment trop de médicaments, au point de ne pas toujours très bien savoir à quoi servent les nombreuses pilules que l’on ingère chaque jour… 71 % des plus de 50 ans et 86 % des plus de 75 ans seraient concernés par cette « inflation ». Une situation problématique qui favorise erreurs, oublis et interactions : les accidents médicamenteux sont responsables de 10 à 20 % des hospitalisations des plus de 60 ans.

Plus de mal que de bien ?
Paradoxe : un médicament administré pour soigner un organe peut s’avérer toxique pour un autre. Surtout lorsqu’on prend de l’âge. « En vieillissant, l’organisme ne supporte plus aussi bien certains principes actifs, notamment parce que les reins ne sont plus aussi efficaces », explique le Pr Benoît de Wazières, chef du service de gériatrie du CHU de Nîmes. Une prescription qui ne posait aucun problème à 50 ans peut devenir toxique à 60. D’où l’importance de faire vérifier régulièrement ses ordonnances par son médecin…

Une étude de l’association UFC-Que Choisir a montré récemment que quatre ordonnances sur dix délivrées à des personnes âgées contenaient des médicaments jugés inappropriés, voire potentiellement dangereux pour leur santé. Parmi eux, nombre de tranquillisants et de somnifères classés dans la catégorie des hypnotiques. S’ils sont censés lutter contre les problèmes de sommeil, et donc diminuer le risque de chute dû à la fatigue, ils sont eux-mêmes une cause majeure de troubles de l’équilibre et de pertes de mémoire. « Les prescriptions sont souvent trop longues, alors que les hypnotiques ne devraient normalement être utilisés que ponctuellement », précise le Dr Pierrick Lebain, psychiatre au centre mémoire du CHU de Caen. Des thérapies plus naturelles, comme la phytothérapie, peuvent aider à se libérer des somnifères et à retrouver son acuité mentale et physique.

Attention aux interactions
Selon une étude publiée en 2013 par l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris, 90 % des plus de 80 ans prennent plus de dix médicaments par jour. Or, à partir de trois molécules différentes, les médecins ne peuvent plus vraiment prédire les risques d’interactions. Les gériatres tirent notamment la sonnette d’alarme à propos des antidouleurs. « Les anti-inflammatoires posent problème, confirme le Pr de Wazières. Ils interagissent avec de nombreux autres médicaments, et peuvent devenir toxiques pour les reins et le cœur si le patient est déjà malade. » Même l’innocent paracétamol peut s’avérer dangereux lorsqu’il est mélangé à des anticoagulants. Comment en prendre moins ? Grâce à des thérapies alternatives, comme l’hypnothérapie ou la musicothérapie, auxquelles les chercheurs s’intéressent de plus en plus.

Et s’ils n’étaient pas tous utiles ?
Les professionnels de santé parlent de « sédimentation des prescriptions » chez les seniors. En effet, les spécialistes ont tendance à rajouter des couches de pilules et autres comprimés sans remettre en cause les ordonnances de leurs collègues. Or, certaines molécules pourraient être supprimées. En 2015, le magazineScience et Vie publiait une liste des médicaments les plus utiles pour 95 % des pathologies, établie par un groupe de 24 médecins. Ils étaient au nombre de 151. Un chiffre qui laisse planer le doute sur l’utilité des 5 000 molécules existant sur le marché…

« À partir de 80 ans, les médicaments pour lutter contre le cholestérol ne sont plus nécessaires », confirme le Pr de Wazières. La question se pose également avec les spécialités censées contrer les troubles de la mémoire, ou encore pour l’automédication. Et si l’on se débarrassait de quelques pilules inutiles ? Car il existe bien d’autres solutions pour prendre soin de sa mémoire, entretenir son équilibre et soulager ses douleurs.

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Publié le dans Check-up

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