L’hypnose, une solution à tous les maux ?

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C’est l’une des disciplines qui a le vent en poupe et dont on vante les mérites pour à peu près tout. Le point sur ses vertus réelles… et supposées.

Ça soigne tout
Faux. C’est une aide pour gérer les symptômes, pas l’origine du mal. En clair, si l’hypnose ne soigne pas le cancer, elle peut en revanche diminuer les effets secondaires de certains traitements ou les symptômes qui perdurent suite à la maladie. Les études scientifiques ont montré son efficacité contre les douleurs chroniques, l’anxiété ou encore les bouffées de chaleur. Son efficacité isolée n’a cependant pas été démontrée dans le sevrage tabagique ou le traitement de la dépression post-partum, même si elle peut représenter une aide pour se diriger vers un changement de comportement.

C’est un état de sommeil
Faux.
C’est un mode de conscience – distinct du sommeil et de l’éveil – où l’on réussit à faire abstraction de son environnement et où l’on met en sourdine toutes les sensations du corps : comme par exemple, quand dans le métro, on s’extirpe d’un inconfort temporaire, ou devant un excellent film, quand on est absorbé par l’histoire, les images, la musique… On est littéralement hypnotisé !

Ça marche sur tout le monde
Ni vrai ni faux. L’hypnose est un état physiologique auquel chacun accède en moyenne 1 h 30 par jour de manière spontanée. Mais, pour rentrer en état d’hypnose avec l’aide d’un thérapeute, c’est plus compliqué : le patient doit être motivé et volontaire. Un processus qui s’inscrit dans une relation de confiance et un cadre thérapeutique. En revanche, l’hypnose ne connaît pas la barrière de l’âge : pour les petits, les hypnothérapeutes utilisent la musique et le mouvement ; pour les plus grands, des techniques de concentration.

Ça permet d’éviter une anesthésie générale
Vrai. C’est ce que l’on appelle l’« hypnosédation », qui combine l’hypnose avec une prise en charge complète de la douleur (anesthésie locale + analgésie continue durant l’intervention). C’est une alternative à l’anesthésie générale, employée par exemple dans la chirurgie du sein, de l’œil ou des membres. Bon à savoir : cette technique est proposée mais jamais imposée au patient.

On risque de se faire manipuler
Faux. Soyons très clairs : l’hypnose ne fait pas faire aux patients des choses qui vont à l’encontre de leur morale. Il n’est pas possible de prendre le contrôle d’une personne, comme dans les films d’aventures des années 1960. Attention néanmoins : l’hypnose est contre-indiquée pour les personnes très fragiles psychiquement ou qui ont des pathologies psychiatriques.

Un hypnothérapeute est un médecin
Faux. Médecins, infirmiers, sages-femmes, psychologues, kinés peuvent être hypnothérapeutes. Ces soignants utilisent l’hypnose comme un outil pour enrichir leur domaine de compétence : un médecin l’utilisera pour traiter la douleur quand un psychologue y fera appel pour soigner une anxiété. Il faut néanmoins être prudent : avant votre séance, vérifiez que votre thérapeute est avant tout un professionnel de santé, formé par l’université ou un institut reconnu par la Confédération francophone d’hypnose et des thérapies brèves, comme l’Institut français d’hypnose ou Emergences.

Remerciements au Dr Aurore Marcou.

Lire aussi ce témoignage : « L’hypnose est venue à bout de mon trac » et Vos paupières sont lourdes, vos douleurs légères

Publié le dans Check-up

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