Infarctus féminin : les femmes médecins nous soignent mieux

iStock/Getty Images

La solidarité féminine peut-elle nous sauver la vie ? On a des raisons d’y croire : les femmes victimes d’un infarctus ont plus de chances de survivre si le médecin-urgentiste qui les prend en charge est… une femme elle aussi. C’est ce qu’affirment des chercheurs de l’université de Harvard (Etats-Unis) dans une étude publiée en début de semaine dans la revue spécialisée Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Pour aboutir à ce résultat, l’équipe scientifique s’est appuyée sur plus de 500 000 cas de patients admis d’urgence à l’hôpital pour un infarctus du myocarde aigu en Floride, entre 1991 et 2010. Ils ont ainsi noté une différence « saisissante » en matière de survie lorsqu’une femme est soignée par une femme médecin : « Il y a un effet important et positif sur la survie », peut-on lire dans les conclusions de l’étude. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Tandis que 12 % des patients meurent après avoir été traités en urgence pour une crise cardiaque, le fait d’associer une patiente avec un médecin féminin a « réduit la probabilité de décès de 5,4 % par rapport à cette référence ».

Comment expliquer ce phénomène ? La raison avancée par les chercheurs fait froid dans le dos : d’après eux, les hommes médecins méconnaissent tout simplement les symptômes atypiques de l’infarctus chez la femme. Leurs homologues féminines, elles, y seraient davantage sensibilisées. Édifiant lorsqu’on sait que 54%* des personnes victimes d’un infarctus sont des femmes…

Dans une campagne de prévention datant de 2016, la Fédération française de cardiologie (FFC) explique que chez la femme, il faut « s’alerter face à trois signes atypiques : la sensation d’épuisement, l’essoufflement à l’effort et les nausées ». Chez l’homme, les symptômes se caractérisent plutôt par une douleur dans la poitrine irradiant dans le bras gauche et la mâchoire.

Chaque année, environ 120 000 personnes* sont victimes d’un infarctus du myocarde. C’est l’une des premières causes de mortalité en France.

* source : Fédération française de cardiologie.
* source : Inserm.

À lire aussi

Test : prenez-vous soin de votre cœur ?

 

Publié le dans Check-up

Sur le même thème