Femme qui ronfle, cœur qui souffre ?

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C’est la double peine : d’après une nouvelle étude, les personnes qui souffrent d’apnée obstructive du sommeil (AOS) et de ronflements chroniques seraient plus exposées aux troubles cardiaques. Et le phénomène toucherait davantage les femmes que les hommes.

C’est le constat établi par des travaux présentés lors de la réunion annuelle de la Société de radiologie d’Amérique du Nord (RSNA) : « Nous avons remarqué que les paramètres cardiaques chez les femmes semblaient plus facilement affectés par la maladie et que les femmes qui ronflent ou souffrent d’AOS pourraient courir un risque accru d’atteinte cardiaque », a expliqué le Dr Adrian Curta, coauteur de l’étude. Les chercheurs ont travaillé à partir des données de 4 877 volontaires de la UK Biobank, à qui on a fait passer une IRM du cœur. Les patients ont été répartis en trois groupes : ceux atteints d’AOS (118 personnes), ceux qui ronflent sans AOS diagnostiquée (1 886 personnes) et ceux qui ne présentent ni ronflements ni AOS ( 2 477 personnes).

Résultat : l’apnée obstructive du sommeil ainsi que les ronflements ont augmenté significativement le risque de dysfonctionnement ventriculaire gauche du cœur. La raison ? Pour les chercheurs, ces troubles du sommeil créent un élargissement des parois de la chambre de pompage du cœur, qui travaille donc plus difficilement. L’étude a aussi montré que les femmes atteintes étaient plus susceptibles de développer des troubles cardiaques que les hommes, sans pour autant apporter d’explication à cette différence entre sexes.

L’apnée du sommeil sous-diagnostiquée ?
L’AOS se caractérise par une fermeture temporaire des voies aériennes supérieures pendant le sommeil, empêchant la personne de respirer pendant au moins dix secondes. C’est le type le plus courant de trouble respiratoire du sommeil. D’après l’OMS, il touche plus de 100 millions d’adultes dans le monde.

Mais pour le Dr Curta, ce chiffre serait largement sous-estimé : « Nous avons constaté que la prévalence d’AOS diagnostiquée dans notre groupe d’étude était extrêmement faible. Parallèlement aux altérations de la fonction cardiaque observées dans le groupe de ronflement – similaires à celles du groupe atteint d’AOS –, cela nous porte à penser que l’AOS est gravement sous-diagnostiquée. » Bilan : ronfleuses, manifestez-vous auprès de votre médecin !

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Publié le dans Check-up

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