Fausse-route : que faire ?

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En plein repas, votre voisin de table avale de travers. Il ne faut pas perdre une minute  pour éviter que ce petit incident ne se transforme en urgence médicale.

Les symptômes
On distingue deux types d’étouffement, aux symptômes et à la gravité bien distincts.

  • partiel : la personne ressent une gêne et tousse pour se débarrasser de l’aliment. Mais elle peut parfois encore parler ou émettre des sons.
  • total : dans ce cas, impossible de parler. La victime s’agite et porte souvent les mains au niveau de la gorge car elle ne peut plus respirer. Les lèvres, les ailes du nez et les oreilles peuvent prendre une couleur bleutée (cyanose).

Le scénario
Alors que l’on discute ou que l’on rit en mangeant, un aliment part dans la trachée (vers les poumons) au lieu de l’œsophage. Le risque : qu’il y reste coincé. En vieillissant, c’est un incident fréquent car les réflexes sont moins bons et la déglutition se fait moins bien. Les aliments les plus souvent incriminés : la viande, le poisson, la mie de pain… et les bonbons bien sûr.

Les bons gestes après une fausse-route
Si l’étouffement est partiel, on assoit la personne et on l’incite à continuer à tousser, le réflexe naturel qui vient quand on avale de travers. Attention, ne pratiquez aucun geste pour l’aider, comme les claques dans le dos, au risque d’aggraver la situation. On la surveille en permanence tant que l’aliment n’est pas ressorti, car il peut se déplacer et bloquer la respiration à tout moment.

Les premiers secours en cas d’étouffement
Si l’étouffement est total, on appelle le 15 immédiatement. On se place debout à côté de la victime, une main sur sa poitrine (pour la retenir), l’autre située entre ses 2 omoplates. On tape dans son dos de façon vigoureuse et sèche, 5 fois, avec le talon de la main. Les vibrations engendrées peuvent faire bouger le morceau coincé et entraîner un réflexe de toux. Instantanément, l’aliment s’expulse… ou pas. Dans ce cas, il faut enchaîner par des compressions abdominales (la fameuse manœuvre de Heimlich). Positionné derrière la personne, on la ceinture de ses bras, mains jointes au-dessus du nombril, sur la partie supérieure du ventre. Le geste, à enchaîner jusqu’à 5 fois tant que l’aliment n’est pas expulsé, consiste à comprimer le ventre de la victime vers soi et vers le haut. Il faut répéter les 5 claques / 5 compressions abdominales tant qu’elle n’est pas délivrée. Si elle finit par perdre connaissance, il faut débuter un massage cardiaque, en attendant l’arrivée des secours.

Qui alerter ?
En cas d’étouffement total, il faut contacter les secours sans attendre (le 15 ou le 112 si on voyage en Union européenne). On décrit la situation (nature de l’accident, état de la victime, âge, adresse, numéro de téléphone…). Pour un étouffement partiel, si l’aliment est rapidement expulsé, on effectue une surveillance pendant les heures qui suivent et on prend un avis médical auprès de son médecin traitant. En revanche, on appelle les secours si on observe une toux inhabituelle, une gêne respiratoire ou des difficultés à parler.

Merci à Damien Guérin-Nechab, formateur en premiers secours

Jamais trop vieux pour s’initier aux premiers secours

Outre la formation traditionnelle (PSC1) ouverte à tous, une nouvelle version « bien-être et autonomie » vient d’être mise en place par la Croix Rouge à destination des plus de 60 ans. Objectifs : sensibiliser aux mesures préventives pour éviter les accidents à la maison et se former aux gestes d’urgence.

 

Publié le dans Check-up

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