Cardiologie : dispositifs et médicaments ne cessent de s’améliorer

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Plus petits, plus précis, plus sûrs… les dispositifs et les médicaments cardio-vasculaires ne cessent de s’améliorer pour nous permettre de vivre plus longtemps.

Avec le temps, le cœur et les vaisseaux sanguins rencontrent davantage d’accidents de parcours. Le plus fréquent est l’apparition de plaques de graisses dans les artères, l’athérosclérose. Résultat : la tension grimpe, et les risques d’infarctus et d’AVC avec. Des solutions médicamenteuses et chirurgicales existent, mais elles présentent quelques défauts. Les opérations notamment, lourdes, sont contre-indiquées pour les patients âgés et fragiles. Et les traitements entraînent des effets secondaires. Enfin, on ne sait toujours pas réparer un cœur brisé… Plus pour longtemps ? En tout cas, plusieurs avancées notables nous donnent de l’espoir.

Infarctus : des cellules cardiaques régénérées
On parle d’infarctus lorsque des cellules cardiaques, les cardiomyocytes, se trouvent privées de sang et meurent. Elles sont remplacées par un tissu cicatriciel incapable de se contracter, ce qui réduit parfois de beaucoup les aptitudes du cœur. Comment résoudre ce problème ? Plusieurs équipes de chercheurs y travaillent : ils tentent de recréer des cardiomyocytes, notamment via la thérapie cellulaire. « Ils prélèvent des cellules souches pour les différencier en cellules cardiaques et les réimplanter dans le cœur », explique le Pr David Montaigne, cardiologue. Ainsi, le Pr Philippe Menasché et son équipe cherchent à mettre au point un patch de cellules souches. Ces dernières semblent aussi libérer des molécules propres à améliorer les capacités cardiaques. Une autre voie de recherche est celle de la thérapie génique. On injecte un virus (rendu inoffensif) afin de désactiver dans le cœur le mécanisme naturel qui empêche les cellules contractiles de proliférer. Certains chercheurs ont déjà fait le test avec succès sur l’animal, comme l’équipe du texan John Leach, du Baylor College of Medicine. « Globalement, ces méthodes qui ont donné de très bons résultats doivent encore faire leurs preuves chez l’homme », conclut le Pr Montaigne.

Traitements médicamenteux : des doses revues à la baisse
Il n’est pas rare de prendre des médicaments pour fluidifier le sang lorsque l’on a eu un problème cardio-vasculaire. L’objectif est d’empêcher la formation d’un caillot. Mais ces traitements ne sont pas anodins : ils présentent un risque d’hémorragie. Plusieurs études récentes ont montré qu’on pouvait en prescrire parfois beaucoup moins, et pendant moins longtemps. « Ces nouvelles stratégies thérapeutiques sont rendues possibles grâce à l’arrivée récente de nouveaux anticoagulants plus sûrs », affirme le Pr Montaigne. L’année dernière, une étude réalisée sur 30 000 participants a également ouvert la porte à de nouvelles associations, telle celle du rivaroxaban, un anticoagulant, à une petite quantité d’aspirine. Ce dernier est utilisé pour réduire le risque de formation d’un caillot lorsque le patient souffre de plaques d’athérosclérose. Le résultat améliorait nettement l’efficacité du traitement classique de l’aspirine seule, avec une réduction de 24 % du nombre d’AVC, d’infarctus et de décès cardio-vasculaires.

Stimulateurs cardiaques : mini, mini, mini…
Lorsque le cœur est trop faible pour alimenter convenablement les organes, on implante un stimulateur cardiaque, ou pacemaker. Placé à droite sous la peau, au niveau de la clavicule, ce bijou d’électronique permet de maintenir un rythme cardiaque optimal. « Le problème est que la présence des sondes qui apportent les impulsions au cœur favorise le risque d’infection », souligne le Pr Montaigne. Pour contourner l’obstacle, plusieurs dispositifs sans sonde et ultra-miniaturisés font l’objet d’études et de tests. Un boîtier qui émet des ultrasons est placé entre les côtes du patient. Ces derniers sont transformés en énergie électrique par un microstimulateur dans le cœur. Un dispositif de ce type a notamment été implanté il y a quelques mois par l’équipe du Pr Christophe Leclercq, cardiologue au CHU de Rennes. La start-up américaine qui a conçu le système a imaginé deux minuscules stimulateurs à accrocher dans les ventricules du cœur.

Stents : davantage de sécurité

Ces petits ressorts métalliques sont installés dans les artères pour les empêcher de se boucher. Mais leur présence peut parfois entraîner des effets secondaires indésirables, comme un rétrécissement du diamètre de l’artère à cause d’un phénomène de surcicatrisation. « C’est pour cette raison qu’il existe des stents actifs », explique le Pr Montaigne. Ils sont recouverts d’un médicament qui empêche la paroi de réagir contre le dispositif. Pour éliminer tout risque, le mieux serait encore de ne plus implanter de métal dans les vaisseaux. C’est tout le projet des stents résorbables, encore en développement. Une fois leur mission accomplie, ils se transforment au bout de quelques mois en eau et en dioxyde de carbone, des éléments naturels du corps.

Valves implantables : des opérations allégées
Les valves sont des clapets dans le cœur qui empêchent le sang de revenir en arrière. Avec le temps, deux problèmes peuvent survenir : la valve aortique est susceptible de se rétrécir, et la valve mitrale peut se mettre à fuir. « Il y a quelques années, cela se réparait par une opération très lourde », précise le Pr Montaigne. Par la suite, des valves artificielles miniaturisées ont été mises au point. Placées dans un stent, elles sont acheminées par une simple incision dans une artère de la jambe. Ce qui n’était possible, jusqu’ici, que pour les valves aortiques est en train de le devenir pour les valves mitrales. « C’est une révolution pour la cardiologie, estime le Pr Montaigne. De nombreux patients qui étaient écartés de la chirurgie lourde à cause des risques vont pouvoir subir cette intervention minime. »

Chirurgie : un timing revisité
Et s’il fallait modifier la programmation des interventions ? Cela pourrait réduire les risques d’arythmie et d’insuffisance cardiaque liés aux opérations à cœur ouvert. Des chercheurs lillois ont en effet découvert que si l’on opère aux moments où l’organe a le plus besoin d’oxygène, les risques sont plus élevés que si l’on effectue la même chose lorsqu’il est au repos. Ainsi le cœur tolèrerait-il mieux la privation d’oxygène l’après-midi que le matin. Même s’il est possible de décaler la chirurgie du cœur chez les patients à hauts risques, les spécialistes recommandent cependant plutôt de développer des médicaments capables de modifier l’horloge biologique du cœur !

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Publié le dans Check-up

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