Cannabis thérapeutique, un produit stupéfiant ?

iStock/Getty Images

Encore extrêmement restreint et réglementé, son usage médical pourrait être prochainement étendu dans l’Hexagone. Le point sur une substance controversée.

Il a des vertus santé avérées
Vrai. On lui reconnaît la capacité de calmer des douleurs chroniques sur lesquelles les antalgiques classiques ne fonctionnent pas. En février 2018, une étude israélienne publiée par The European Journal of Internal Medicine, réalisée entre autres auprès de malades du cancer, de Parkinson et de Crohn a montré que 93 % des participants avaient vu leurs maux diminuer de moitié. Il combat aussi efficacement les spasmes, dans le cas de sclérose en plaques et de certaines épilepsies, les nausées des patients en chimiothérapie ou sous traitement VIH. Il s’avère également performant pour ouvrir l’appétit.

Tous les médecins peuvent en prescrire
Faux. Il existe deux médicaments à base de cannabis autorisés en France. Le nabiximols (Sativez), un spray contre les raideurs occasionnées par la sclérose en plaques, n’est toujours pas commercialisé, faute d’accord sur son remboursement. Le second, le dronabinol (Marinol) indiqué dans les douleurs neuropathiques, doit être prescrit en premier lieu par un neurologue ou un rééducateur hospitalier sur demande spéciale individuelle de celui-ci, via une ATU (autorisation temporaire d’utilisation nominative).

Beaucoup de pays y sont déjà « accros » !
Vrai. Enfin, façon de parler. Alors qu’il reste peu employé dans l’Hexagone, le cannabis thérapeutique est déjà légal dans vingt-neuf États américains et dans de nombreux pays d’Europe dont l’Allemagne. L’Organisation mondiale de la santé a conclu en décembre 2017, après une étude sur le CBD, l’un des cannabinoïdes utilisés dans les médicaments, qu’il n’avait pas d’effet nocif, ne provoquait pas de dépendance et qu’elle n’avait donc aucune raison de l’interdire. Ce qui explique qu’Agnès Buzyn, notre ministre de la Santé veuille « ouvrir le débat » sur son usage.

Récréatif ou médical, il a les mêmes effets ?
Faux De par son mode d’administration, à savoir la pulvérisation buccale pour le Sativex, la prise orale pour le Marinol, le cannabis thérapeutique n’a ni l’action euphorisante du cannabis récréatif que l’on fume, ni ses éventuels effets secondaires (hallucination ou anxiété). Et parce qu’il ne contient pas de goudrons et d’oxydes de carbone, il n’est pas délétère pour les poumons comme les fameux « joints » qui majorent le risque de cancer, à l’instar du tabac.

Le corps en produit naturellement
Vrai et faux. Secrétés par l’hypothalamus, région du cerveau, les endocannabinoïdes sont des molécules, proches des principes actifs du cannabis, qui régulent de nombreuses fonctions organiques, notamment celles qui ont trait aux émotions et aux sensations. La recherche médicale tente actuellement de trouver un moyen de les stimuler, ce qui éviterait de recourir à des cannabinoïdes extérieurs qui ont certaines répercussions indésirables.

À lire aussi

Cannabis thérapeutique : seriez-vous prêtes à l’utiliser ?

Publié le dans Check-up

Sur le même thème