Calmer les douleurs de l’arthrose

Crédit : iStock

Moins souffrir, c’est l’obsession numéro un de tous ceux qui ont les articulations douloureuses. Et bonne nouvelle, il existe des alternatives aux médicaments et aux infiltrations. 8 stratégies pour lutter contre la douleur.

Choisir la décontraction
La douleur et l’enraidissement sont deux constantes chez les personnes souffrant d’arthrose. De nombreux patients n’ont pas conscience de la contraction de certains de leurs muscles. Par la relaxation et la respiration, les séances de sophrologie leur apprennent à les détendre, par exemple au niveau cervical. Ce relâchement permet de retrouver de la mobilité dans les articulations, ce qui diminue la douleur. L’approche est aussi mentale : en élargissant le champ de conscience du patient, la  sophrologie l’aide à ne pas se focaliser sur la zone qui fait mal. Après plusieurs séances avec un professionnel, des exercices peuvent être reproduits à la maison, pour une rééducation à long terme. L’idéal : refaire des séances tous les jours ou plusieurs fois par semaine chez soi ; à raison de 15 à 45 minutes.

Fréquenter le kiné
Le masseur-kinésithérapeute dispose de plusieurs armes pour améliorer la souplesse articulaire : la mobilisation avec étirements, les massages, les ultra-sons, l’application de chaleur, etc. Le choix de la technique dépend du type d’arthrose et de l’intensité des sensations désagréables qui vont avec ! Le maintien du mouvement permet d’atténuer les douleurs. Mais en période de poussée inflammatoire, les mobilisations risquent d’être pénibles ; une application de chaleur est alors préférable. A savoir : il ne faut ne pas attendre de souffrir pour démarrer les séances de kiné et la régularité est capitale.

Souffler le chaud et le froid 
La chaleur est très souvent efficace. Mais le froid peut également soulager localement. La première décontracte les muscles qui entourent l’articulation. Ce relâchement profite aussi aux tendons et ligaments. Sortez votre bouillote  et appliquez-la sur les articulations de taille moyenne (genou, hanche). En cas de douleur diffuse dans le dos, un bain bien chaud vous réconfortera. Et sur les petites points sensibles (cheville, poignet…), usez du sèche-cheveux ! A l’inverse, une poche de glace entraîne un ralentissement de la circulation sur la partie concernée, ce qui permet de réduire l’inflammation. Essayez si vous repérez une petite zone rouge et gonflée sur votre genou ou votre coude par exemple.

Faire confiance aux plantes
En période de poussée inflammatoire, demandez en pharmacie la préparation de gélules contenant 0,10 g de Reine-des-prés, 0,15 g d’Harpagophytum et 0,10 g d’ortie. A prendre matin et soir pendant une dizaine de jours. En parallèle, les huiles essentielles (HE) de pin, d‘eucalyptus citronné et de marjolaine sont très efficaces et permettent de réduire la consommation d’antalgiques. Mélangez 2 ml d’HE de pin sylvestre, 2 ml d’HE d’eucalyptus citronné, 2 ml d’HE de marjolaine dans 34 ml d’huile végétale de noisette et appliquez ce mélange deux fois par jour en massage léger sur les articulations douloureuses.

Trouver les bons granules
Selon le type de douleurs arthrosiques et les conditions de leur déclenchement, plusieurs remèdes sont possibles. Pour celles améliorées par le repos et la pression, prendre Bryonia 5 CH, 2 granules 3 ou 4 fois par jour. Au contraire, si le mouvement atténue votre ressenti (mal au réveil, amélioration après « dérouillage » matinal), misez sur Rhus toxicodendron 5CH, 2 granules le matin et 2 le soir. Si le temps humide accentue vos sensations, prenez un traitement de fond dès le début de l’automne avec Natrum sulfuricum 9 CH, 5-6 granules une fois par semaine. Enfin, en cas de poussée inflammatoire, prendre Apis 9 CH, 2 granules 3 à 5 fois par jour. Poursuivez les traitements indiqués jusqu’à diminution des douleurs, puis espacez les prises un jour sur deux et arrêtez complètement quand vous n’avez plus mal.

S’étirer et s’auto-masser
Chauffez vos mains en les frottant l’une contre l’autre ou en les passant sous l’eau chaude. Vous pouvez les enduire d’huile de Nigelle (magasins bios) connue pour ses propriétés anti-inflammatoires. Ensuite, massez doucement les articulations douloureuses afin de leur redonner le plus de mobilité possible. Laura Azenard, à qui on a diagnostiqué à 40 ans une arthrose grave du genou, approuve. Dans « Comment j’ai vaincu l’arthrose », elle raconte son long parcours. En un an, elle a testé toutes les options thérapeutiques. Elle souligne l’intérêt des massages et étirements à reproduire seule chez soi. Dans son cas, la sollicitation des muscles des cuisses lui a apporté un grand soulagement.

Renouer avec le sport
Le maintien de l’activité physique est primordial chez les personnes souffrant d’arthrose. Le temps où l’on pensait qu’il ne fallait pas mobiliser ses articulations douloureuses est révolu, études à l’appui. 6000 pas par jour, soit 4 km, est un objectif à essayer d’atteindre (en dehors des poussées). Cela vous paraît énorme ? Commencez par parcourir la moitié de cette distance. Le vélo ou la natation, doux avec les articulations, sont aussi bien adaptés mais évitez le tennis ou la course à pied. Enfin, toutes les activités faisant travailler corps et esprit de concert (pilates, yoga, tai chi, etc.) sont bénéfiques.

Suivre une cure
Enveloppements de boues chaudes, jets d’eau, mobilisation et massages, conseils d’éducation thérapeutique… une prise en charge globale est proposée. L’utilisation de boues maturées, mélangées à l’eau thermale, permet le développement de micro-organismes aux vertus thérapeutiques. La chaleur améliore la circulation locale autour des articulations. Les boues apportent par ailleurs des sels minéraux et des oligo-éléments déficitaires au niveau des cartilages. Les articulations de petite taille (mains, genoux, coudes notamment) répondent mieux que les autres car l’effet est beaucoup plus rapide. Résultat ? En 2009, les conclusions de l’étude Thermarthrose montraient une douleur atténuée de 50% pour l’arthrose du genou pendant les six mois qui suivaient la cure. Infos pratiques sur www.medecinethermale.fr

Merci à Dominique Aubert, masseur-kinésithérapeute et membre de l’Institut de sophrologie de Rennes, au Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste, à Emmanuel Duquoc, coach, au Dr Albert-Claude Quemoun, médecin homéopathe et au Dr Hugues Desfour, rhumatologue à la station de Balaruc-les-bains.

Lire aussi Chiro quoi ? Chiropraxie !

Sur le même thème