Arthrose : attention à certains médicaments antidouleurs

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Une étude canadienne, présentée lors d’un récent congrès médical à San Diego (États-Unis), montre que de nombreux seniors utilisent des opioïdes (Tramadol, Codoliprane…) pour lutter contre les douleurs chroniques d’arthrose.

Des chercheurs de l’université de Toronto se sont intéressés à 1 204 personnes âgées en moyenne de 65 ans, souffrant d’arthrose (genou, hanche et colonne vertébrale), avant et après une intervention chirurgicale. Résultat : 15 % des seniors utilisaient des opiacés chaque jour et 15 % en prenaient de temps en temps. Les femmes de moins de 65 ans rapportaient la plus grande consommation globale.

Pourtant, ces substances dérivées de la morphine sont peu efficaces contre ces douleurs chroniques, comme le démontrent un fois de plus ces résultats. « Les personnes qui consommaient le plus d’opioïdes rapportaient aussi les niveaux de douleur les plus élevés, ce qui laisse supposer que les opioïdes n’ont peut-être pas l’effet antidouleur escompté chez tous les patients », expliquent les chercheurs. Par ailleurs, les utilisateurs réguliers d’opiacés avaient un degré de douleurs supérieures trois mois après la chirurgie.

Certes, la consommation de ces médicaments en vente libre au Canada (mais plus pour longtemps, semble-t-il) est importante de l’autre côté de l’Atlantique. Mais, chez nous, la situation n’est-elle pas semblable ? Un rapport de 2013 de l’Agence nationale du médicament plaçait la codéine en troisième place de son palmarès des médicaments les plus vendus en France. Sachant que chaque Français consommait alors près de 50 boîtes de médicaments par an… Les chiffres ont de quoi inquiéter.

Si bien que les opiacés sont depuis juillet dernier disponibles uniquement sur ordonnance dans notre pays. Ces antalgiques puissants n’ont que peu de bénéfices et affichent un tableau peu réjouissant d’effets indésirables. Sans compter le risque de dépendance. L’idéal, comme le rappellent les chercheurs canadiens, est donc de « ne pas commencer à les prendre et, si nécessaire, de le faire pendant de courtes périodes à la dose la plus faible possible. » Facile à dire quand on ne souffre pas…

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