Arthrose : ce n’est pas une fatalité !

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On peut agir pour moins souffrir et entretenir ses articulations afin d’empêcher la maladie de se développer. Nos solutions pour rester en forme, dynamique et active avec le Pr. Francis Berenbaum.

Il y a encore peu de temps, on réduisait l’arthrose à un banal problème mécanique : les articulations qui avaient fait leur temps s’usaient. Des raideurs, des blocages et des douleurs apparaissaient… et il fallait faire avec parce que l’on n’y pouvait pas grand-chose. C’est la vie, ma pauvre dame ! On sait aujourd’hui que rien n’est plus faux.

L’arthrose se caractérise par une dégradation du cartilage qui recouvre la tête des deux os formant l’articulation. « Ce n’est pas une simple conséquence du vieillissement mais une maladie à part entière qui touche tous les tissus de l’articulation », affirme le Pr Francis Berenbaum, chef du service rhumatologie à l’hôpital Saint-Antoine (Paris). L’âge et la génétique interviennent, mais ce sont des causes parmi d’autres. On doit également citer les traumatismes articulaires anciens, le surpoids, une mauvaise alimentation et la sédentarité. « Il y a plusieurs éléments qui entrent en jeu, confirme notre spécialiste, et ils peuvent varier selon les personnes. Dans tous les cas, il est possible de prévenir certains facteurs de risque en jouant sur des paramètres de mode de vie : cette approche va prendre de l’ampleur dans les années à venir. »

>> En images, des exercices pratiques qui apaisent l’arthrose

Traitements : on voit grand !
La nutrition, la kinésithérapie, le sport… cette vision élargie de la maladie ne concerne pas que la prévention, elle s’applique aussi de plus en plus aux traitements. À l’heure actuelle, on ne peut pas encore réparer un cartilage abîmé. Mais on peut intervenir de diverses manières pour réduire les douleurs et améliorer sa mobilité. Par exemple, un sport doux et régulier est particulièrement recommandé pour oxygéner et nourrir les articulations, et pour renforcer les muscles qui les soutiennent. Côté soin, de nombreuses méthodes complémentaires viennent soutenir l’action des médicaments antidouleur : certaines plantes, des exercices adaptés, un régime ciblé ou encore des massages et de l’autohypnose. En 2016, pas question d’envisager l’arthrose de manière monolithique : c’est à chacun de l’adapter à ses besoins !

Quelle est la meilleure piste thérapeutique ?
Elle doit être personnalisée et faire appel à des moyens médicamenteux et non pharmacologiques. Les principaux médicaments sont des antalgiques et des anti-inflammatoires par voie orale, ainsi que des injections locales de corticoïdes ou d’acide hyaluronique. Le problème est qu’ils présentent des contre-indications et que l’efficacité fait parfois défaut. On pourra vraiment l’améliorer si la personne perd un peu de poids et reprend de l’exercice physique, par exemple.

Dans quels cas a-t-on recours à la chirurgie ?
Lorsque la douleur et le handicap sont trop importants malgré les différents traitements entrepris. Mais il faut rappeler que la durée de vie d’une prothèse n’est que de quinze à vingt ans, et que les douleurs peuvent persister, dans certains cas, sans que l’on sache très bien pourquoi.

Où en est la recherche ?
Elle avance, en particulier grâce à des équipes françaises ! Plusieurs traitements à l’étude suscitent de grands espoirs. Le premier est une biothérapie qui agit directement sur les voies de la douleur. Un autre essai étudie l’injection de cellules souches, qui permettrait de réduire les symptômes et d’améliorer la mobilité. Enfin, il existe des recherches avancées sur un médicament capable de ralentir nettement la destruction du cartilage.

Merci au Pr Francis Berenbaum, chef du service rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine (Paris).

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