Allergie : stop aux mauvaises habitudes !

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Qui dit retraite, dit changement de vie et donc risques accrus de croiser de nouveaux allergènes. Inutile pour autant de se priver de voyages, de virées à la campagne ou de jardinage. Mais quelques mesures de protection s’imposent.

Après 60 ans, les allergies sont souvent liées à une modification de ses habitudes. Il n’est pas rare de voir, à l’heure de la retraite, les couples s’éloigner des grandes villes pour élire domicile à la campagne ou dans le sud de la France, au moins une partie de l’année. Ils sont alors en contact plus fréquent avec des allergènes qu’ils ne croisaient, auparavant, que de façon épisodique. Identifier ces perturbateurs permet de s’en protéger et d’en limiter les impacts. On fait le point avec le Dr Patrick Rufin, pneumo-allergologue à l’hôpital Necker.

  • Les problèmes respiratoires

On oublie de faire son lit
Au réveil, on est souvent pressé. On rabat la couette d’un geste rapide, et le tour est joué. Mais en procédant ainsi, on y enferme l’humidité et la chaleur générées par notre corps durant la nuit. Autant de conditions propices au développement des acariens.
Le conseil du Dr Rufin : ces petites bêtes prolifèrent dans les matelas et les couettes, des environnements chauds et humides. Pour le confort de vos bronches, renoncez au sacro-saint principe du lit tiré au cordeau chaque matin. Repliez simplement la couette et les draps pour assurer une ventilation naturelle et équipez le matelas d’une housse anti-acariens.

Changer d’air à la maison
Logement, transports, bureaux, nous passons plus de 90 % de notre temps dans des lieux fermés, et parfaitement isolés, grâce à des matériaux performants mais qui nous font oublier d’aérer. Résultat, nos intérieurs sont plus pollués que l’air extérieur.
Le conseil du Dr Rufin : ouvrez les fenêtres de chaque pièce, au moins 15 minutes par jour, même s’il fait froid, pour renouveler l’air intérieur et éliminer les polluants qui nous entourent, tout particulièrement les composés organiques volatils (COV). Conservez les produits chimiques dans la cave, plutôt que dans les placards de la cuisine ou de la salle de bains. Ne laissez pas les vêtements fraîchement sortis du pressing après un nettoyage à sec dans leur housse plastique mais aérez-les quelques jours, et évitez les bougies parfumées ou baguette d’encens.

Pollens à dose homéopathique
Le changement climatique a des effets majeurs sur la pollinisation, qui commence plus tôt dans l’année et dure plus longtemps qu’il y a un siècle. On observe aussi que lorsque la température moyenne augmente de 2 °C, la pollinisation des arbres croit de 25 %. Par ailleurs, quand les plantes vivent dans un environnement pollué, elles se défendent des agressions en pollinisant davantage. C’est la raison pour laquelle le nombre d’allergies respiratoires explose dans les grandes villes.
Le conseil du Dr Rufin : évitez de planter des végétaux très allergisants (olivier, bouleau, thuya…). Au printemps ou les jours de fortes chaleurs, notamment s’il y a du vent, fuyez les jardins et les parcs car la quantité de pollens augmente à ce moment-là. Consultez les calendriers polliniques disponibles sur le site pollens.fr ou sur celui de l’association Asthme et Allergies (asthme-allergies.org).

  • Les allergies alimentaires

Pas trop d’exotisme !
Les étals des maraîchers ont vu apparaître au cours des cinquante dernières années de nouveaux fruits venus du bout du monde. Litchis, kiwis, mangues, papayes ont pris place dans notre alimentation. Or ils se révèlent très allergisants et certains organismes les supportent mal.
Le conseil du Dr Rufin : si vous vous connaissez des allergies aux pollens ou au latex, éliminez les fruits exotiques de votre alimentation car les réactions croisées avec ces aliments sont assez fréquentes. Et une fois déclenché, le problème est difficile à maîtriser.

Place aux fruits cuits
Pour obtenir des arbres produisant des fruits calibrés, on a réalisé des croisements, qui ont rendu possible l’apparition de protéines de défense, parmi lesquelles la PR10. La même protéine que celle présente dans les pollens d’arbres de la famille des bétulacées (aulne, bouleau, charme, noisetier). La PR10 se retrouve alors dans de nombreux fruits et légumes : pomme, pêche, cerise, carotte, voire certaines salades… Les personnes allergiques au pollen d’arbre peuvent ainsi devenir allergiques à certains fruits ou légumes crus.
Le conseil du Dr Rufin : pour résister à ce phénomène, consommez les fruits cuits, en tarte ou en compote, car l’allergène est détruit par la cuisson. Mais surtout ,demandez l’avis d’un allergologue si vous avez un terrain propice.

  • Les réactions cutanées

Au jardin ou à la campagne, aussi on fait attention. Tous les conseils du médecin dans notre article Allergies : au jardin, attention aux piqûres !

Publié le dans Check-up

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