Aides auditives : ne faites plus la sourde oreille !

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Toutes sortes d’appréhensions empêchent souvent de sauter le pas. Et pourtant, lorsque l’ouïe faiblit, se faire appareiller apporte un vrai confort. Nos réponses aux questions que vous vous posez.

Je vais mettre longtemps à m’habituer ?
Il faut, en effet, se montrer patient car des gênes peuvent se manifester au début : écho, bruits métalliques, certains sons qui semblent un peu trop forts… « Mais on se rend vite compte que les bénéfices sont supérieurs à ces inconvénients, notamment en ce qui concerne la vie sociale », observe le Pr Bruno Frachet, ORL. Il conseille de profiter des trois à quatre semaines d’essai gratuit et de noter les éventuels inconforts et les situations dans lesquelles ils surviennent (télévision, cinéma, restaurant, réunion de famille, etc.). Cela permettra à l’audioprothésiste d’affiner les réglages. Généralement, il faut compter au moins six mois pour obtenir un résultat optimal avec l’appareil, le temps que l’oreille et le cerveau s’adaptent et se réhabituent à entendre certains sons.

Je ne veux pas que ça se voit, c’est possible ?
Oui, il existe des modèles intra-auriculaires, avec un appareil miniaturisé inséré directement dans le conduit auditif, qui sont invisibles. Mais ils n’ont pas que des avantages : on a parfois du mal à s’y habituer et à les supporter. Exposés au cérumen et à l’humidité, ils sont en outre plus fragiles. Surtout, ils ne conviennent pas en cas de surdité très importante qui exige une forte amplification (effet larsen plus fréquent). Aujourd’hui, on trouve des contours d’oreille de plus en plus petits et très discrets car on peut choisir leur teinte en fonction de sa carnation, de sa coiffure ou de ses lunettes. « On ne voit pas plus un mini-contour d’oreille qu’un intra-auriculaire, surtout chez les femmes, qui peuvent le dissimuler sous leurs cheveux », confirme Justine Ricq, audioprothésiste.

Est-ce que je dois le porter tout le temps ?
Oui, tous les jours en principe, au grand minimum quatre à cinq heures et, dans l’idéal, du matin au coucher, y compris quand vous êtes seul. Car plus le système auditif est stimulé, mieux il réagit et plus vite il s’acclimate. « Si on ne l’utilise que dans les situations difficiles, il n’y a pas l’accoutumance nécessaire pour que l’aide auditive donne le meilleur d’elle-même », explique l’audioprothésiste. On ne l’enlève que pour la douche, les baignades ou en cas de bruit très élevé, par exemple lorsque l’on passe la tondeuse.

Les modèles connectés, c’est gadget ?
Certains appareils sont reliés via Bluetooth à notre smartphone. « C’est plutôt intéressant et les modèles seront de plus en plus connectés à l’avenir : cela permet par exemple de les régler discrètement et plus facilement via une application », note le Pr Frachet. Et grâce au Bluetooth, on peut recevoir les appels téléphoniques ou le son de la télé directement dans l’appareil, pour mieux entendre même si des gens parlent autour de nous. À réserver tout de même à ceux qui utilisent déjà beaucoup leur smartphone et le maîtrisent bien. Ces modèles sont aussi plus chers : compter 1 300 euros minimum.

Ça va me coûter une fortune ?
Les prix s’échelonnent entre 700 et 2000 euros, la moyenne étant de 1450 euros par oreille, sachant qu’on équipe de préférence les deux. Ce prix inclut tous les réglages et autant de visites que nécessaire chez l’audioprothésiste. La durée de vie moyenne d’une prothèse se situe entre quatre et cinq ans. Les appareils les plus chers sont plus « intelligents » : grâce à des algorithmes sophistiqués, ils gèrent mieux les environnements sonores complexes comme les conversations animées d’une fête de famille. Ils proposent aussi plus de canaux, donc des réglages plus précis. Le reste à charge est généralement important : environ 1000 euros par oreille, car la Sécurité sociale ne rembourse que 120 euros par oreille. Tout dépend ensuite de la mutuelle ! Mais bonne nouvelle, d’ici à 2021, grâce à la réforme du « reste à charge zéro », on aura accès à un appareil auditif entièrement remboursé (jusqu’à 950 euros par oreille, ce qui correspond à l’entrée de gamme). Les remboursements de la Sécurité sociale et des mutuelles vont augmenter progressivement d’ici là.

Merci au Pr Bruno Frachet, ORL, coauteur de L’Audition pour les nuls (éd. First) et à Justine Ricq, audioprothésiste et membre de la Saif (Société des audioprothésistes indépendants de France).

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Publié le dans Check-up

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