8 questions qu’on se pose sur la sexualité après 60 ans

T. Merton / Ojo Images / Photononstop

Désir, orgasme… on croyait tout savoir de l’amour. Et pourtant, en vieillissant, notre libido nous joue parfois des tours. Les réponses du Dr Alain Tamborini à toutes nos questions sur le sexe, et notamment celles que l’on n’ose pas poser.

Depuis la ménopause, je n’ai plus envie de faire l’amour. C’est normal ?
Si certaines femmes connaissent une augmentation du désir après la ménopause, la plupart se plaignent plutôt d’une diminution de leur appétit sexuel. Cette altération, voire cette disparition est très complexe car de multiples facteurs viennent impacter la libido : éducation, vécu, tempérament, climat conjugal, problèmes hormonaux, sécheresse vaginale… L’attitude du conjoint a également son importance : pour désirer, une femme doit se sentir elle-même désirable et désirée.

Les aphrodisiaques, ça marche ?
Les épices (cannelle, safran, gingembre…) justifient leurs vertus aphrodisiaques à travers leurs propriétés stimulantes et vasodilatatrices. Rien n’empêche d’y croire. En revanche, soigner les préliminaires, inventer de nouveaux jeux amoureux (oui, même à 60 ans !), exprimer enfin ses fantasmes sont autant de pistes à explorer pour stimuler les sens.

Comment faire comprendre à mon compagnon qui a plus de désir que moi que je n’ai pas les mêmes envies ?
Si cela est un peu moins vrai avec l’âge, le désir de l’homme demeure rapide, très physique, impatient… Celui de la femme en revanche est plus subtil, plus nuancé, constitué d’un mélange troublant de sensations physiques et d’émotions. Après la ménopause, il perd de son intensité et l’accès au plaisir devient plus inconstant et plus laborieux. L’important, pour conserver une vie de couple satisfaisante, c’est d’en discuter avec votre compagnon. Quel que soit l’âge d’un couple, l’entente sexuelle repose sur la meilleure coordination possible entre les comportements des deux partenaires. Cette adaptation nécessite une certaine complicité et, souvent, des concessions et des compromis.

L’orgasme après 60 ans, pur fantasme ?
Bien sûr que non. Même si l’intensité du phénomène varie considérablement d’une femme à l’autre et parfois d’un rapport à l’autre chez la même personne, l’âge n’empêche pas d’atteindre le point culminant du plaisir. Au contraire… Sa survenue et sa qualité dépendent du désir de la femme, de ses structures psychologiques, de ses relations avec son partenaire et de son état de libération ou d’inhibition vis-à-vis de son corps et de sa sexualité. Une étude* publiée dans le très sérieux American Journal of Medicine montre d’ailleurs qu’il n’y a pas à s’inquiéter du plaisir féminin après la ménopause. Sur la base d’une cohorte de 806 femmes âgées de 67 ans en moyenne et ménopausées pour 63 % d’entre elles, un tiers était toujours actif sexuellement. Eh bien, pour celles qui pratiquaient régulièrement, 67 % affirmaient atteindre l’orgasme à chaque fois ou presque !

* Sexual Activity and Satisfaction in Healthy Community-dwelling Older Women, 2012.

Peut-on avoir des relations sexuelles en cas de cancer (ovaires, utérus…) ?
Il est bien entendu possible, et sans précaution particulière, de poursuivre une activité sexuelle après la prise en charge d’un cancer gynécologique. Cependant, la maladie reste une épreuve perturbante qui fatigue et peut altérer l’humeur et l’image corporelle. Par ailleurs, certains traitements – la radiothérapie, par exemple – peuvent entraîner des modifications physiques comme le sécheresse vaginale, qui justifie un traitement local. Il faut alors en parler à votre médecin traitant qui vous aidera à surmonter cette épreuve.

J’ai mal pendant les rapports, que faire ?
À l’âge de la ménopause et après, des relations sexuelles régulières contribuent à maintenir la perméabilité et la souplesse du vagin. Cependant, les femmes gênées par des rapports douloureux ont tendance à les éviter ou à les espacer et donc à s’enfoncer un peu plus dans leur problème. La bonne idée ? Consulter votre gynécologue afin de déterminer la source de vos douleurs. Il peut s’agir de sécheresse mais également de trophicité vaginale. Celui-ci devient plus étroit, s’atrophie quand la sécheresse est installée depuis longtemps et n’a pas été soulagée. Il ne faut surtout pas vous décourager : vous pouvez retrouver une sexualité agréable si vous êtes motivée, déterminée et persévérante dans l’emploi de vos traitements (hormones, gel hydratant, lubrifiant…) !

Viagra féminin : la pilule miracle ?
Lybrido, c’est le nom du Viagra féminin qui pourrait arriver cette année sur le marché américain. Le secret de sa formule magique ? Un mélange de médicament de type Viagra et de testostérone (hormone mâle utilisée pour traiter la baisse de désir). Les premiers essais, annoncés comme « très prometteurs » par le laboratoire, auraient montré que les femmes sous traitement faisaient plus souvent l’amour et atteignaient plus souvent l’orgasme. Pas d’emballement toutefois, mettent en garde de nombreux médecins, car les troubles sexuels des femmes sont bien souvent liés à leur état psychologique. Un paramètre contre lequel Lybrido ne peut rien…

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Publié le dans Check-up

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