2 solutions pour résister au mal de mer

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Vous devez partir en croisière, mais vous appréhendez cette désagréable impression d’avoir le cœur au bord des lèvres ! Nos deux méthodes pour voguer l’esprit (et l’estomac) tranquille.

Le mal de mer en quelques mots
Les adultes sont généralement moins perturbés que les enfants par le mal des transports (aussi appelé cinétose). Mais même à 60 ou 70 ans, une oreille interne trop sensible peut jouer des tours. Les symptômes qui se manifestent résultent du conflit entre nos sens, à cause des mouvements contradictoires du corps et de la mer. Le cerveau n’arrive pas à traiter correctement les informations divergentes transmises à l’oreille interne et aux yeux, d’où les sensations de malaise et les nausées. Le risque d’être touché augmente si l’on est sujet aux vertiges quand on se retourne trop vite, si on préfère le sens de la marche dans le train ou qu’on a eu du mal à s’habituer aux verres progressifs.

1. Le gingembre pour calmer les nausées
C’est quoi ? Un extrait de rhizome de gingembre, aux vertus toniques et stimulantes pour la digestion, utilisé en phytothérapie sous forme de tisanes, gélules ou comprimés.

Pourquoi ça marche ? De nombreuses études ont validé l’effet antiémétique du gingembre qui prévient ou arrête les nausées et vomissements (il est notamment conseillé pendant une chimiothérapie ou après une chirurgie et aux femmes enceintes). Deux de ses composants, le gingérol et le shogaol, agiraient sur la muqueuse de l’estomac pour calmer les haut-le-cœur. L’OMS reconnaît d’ailleurs son usage comme « cliniquement justifié » pour lutter contre le mal des transports.
Comment ça se passe ? Il agit assez vite. Selon la concentration, prendre 1 à 2 gélules une demi-heure avant le départ, puis renouveler si nécessaire toutes les quatre heures pendant le voyage, sans dépasser 1,5 à 2 g de poudre par jour ou 400 mg d’extrait sec, cette dernière forme étant plus concentrée (Naturactive, Fleurance Nature). Très pratiques également, les chewing-gums Sea-Band aident à soulager l’état nauséeux. Si l’on prend des anticoagulants ou qu’on suit un traitement pour le diabète, l’avis du médecin s’impose car le gingembre peut avoir à haute dose un effet fluidifiant et hypoglycémiant. Il ne peut être administré aux enfants de moins de 6 ans.

2. La rééducation vestibulaire si on est très gêné
C’est quoi ? Pratiquée par certains kinésithérapeutes, cette méthode de rééducation neuro-sensorielle utilise différents supports (stables ou mobiles) et la réalité virtuelle pour simuler les sensations qui perturbent (images de mer, houle d’intensité croissante, etc.). L’objectif : augmenter le seuil de tolérance au mouvement.
Pourquoi ça marche ? Elle agit sur le conflit sensoriel entre l’oreille interne (qui ressent le mouvement) et la vision (qui reste stable). Et oblige le cerveau à s’adapter et à garder en mémoire de nouveaux modèles internes, afin qu’il réagisse à l’avenir de façon plus favorable. Dans une étude menée auprès de 110 marins malades en mer, 75 % ont constaté une amélioration.
Comment ça se passe ? Debout ou assis dans un fauteuil, équipé d’un casque qui projette des images, on vit pendant quelques minutes l’illusion d’un bateau qui bouge. Le protocole est progressif et adapté à chacun (intensité des symptômes, problèmes de vue, etc.), et le kiné, toujours présent, peut interrompre la séance à tout moment. Au fil du traitement, la tolérance aux stimulations s’améliore. Compter une dizaine de séances, à raison de deux par semaine au début. Remboursement par la Sécurité sociale sur la base de 15 euros la séance. Annuaire des kinésithérapeutes équipés sur sfkv.fr ou vestib.org.

Merci à Dominique Gerbaulet, kinésithérapeute vestibulaire et à Fabienne Millet, pharmacienne.

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Publié le dans Check-up

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