Voyage : les 5 merveilles d’Oman

© Sultanat d'Oman

Déserts et palmeraies, châteaux forts, plages et canyons vertigineux… Le sultanat d’Oman est une oasis d’exotisme, loin de la démesure des Émirats, stabilité politique et tolérance religieuse en prime. À découvrir comme on feuillette un livre de contes oriental.

Mascate, entre tradition et modernité
Oubliez la folie des grandeurs. Mascate, la capitale, étale harmonieusement ses faubourgs et quartiers résidentiels entre collines rocailleuses et baies profondes. Tout est blanc ici, dans le style arabisant. Il y a cinquante ans, on s’éclairait à la lanterne. Électricité et modernité sont arrivées avec la rente pétrolière, mais n’ont presque pas bousculé la tradition. Au volant ou dans les rues, les Omanais portent toujours la dishdasha, longue tunique blanche, et un turban pastel ou une kumma, petite toque ronde brodée, sur la tête. Les femmes dissimulent leur corps sous l’abaya noire et leurs cheveux sous un foulard, mais les touristes n’y sont pas tenues. C’est donc en toute sérénité que l’on flâne le long de la corniche de Mutrah, cœur battant de la vieille ville, en admirant ses maisons ornées de fenêtres à moucharabieh, ses minarets bleus et blancs finement dentelés, son pittoresque marché aux poissons… Le labyrinthe de ses ruelles abrite un souk coloré, où vous pourrez négocier en anglais et sans pression – mais pas forcément au plus bas prix – châles indiens, bijoux, coffres en bois, brûle-parfums ou encore cristaux d’encens.

Le Grand Canyon d’Arabie, frissons garantis
Tout le monde a entendu parler du Grand Canyon du Colorado. Un peu moins de celui d’Arabie. C’est l’une des meilleures surprises d’Oman, à deux heures de Mascate, dans le djebel Shams, la plus haute montagne du sultanat, qui culmine à 3 000 m. Au sommet, le panorama sur les gorges profondes est à couper le souffle. Vous avez le cœur bien accroché ? Alors, n’hésitez pas à emprunter, même sans guide, le sentier en balcon, à flanc de canyon. Le temps d’une marche facile d’une demi-heure, il offre des points de vue vertigineux sur l’oued (rivière) quelque 1 000 mètres en contrebas. Même les rapaces qui planent sur ce paysage d’une beauté minérale saisissante n’ont pas meilleure perspective ! Au djebel Akhdar voisin, les à-pics s’y révèlent tout aussi impressionnants, mais les cultures en terrasse offrent un ravissement supplémentaire. Grâce à un système d’irrigation vieux de 2 000 ans, grenades, abricots, pêches, raisin y poussent à profusion, tout comme des milliers de rosiers qui embaument délicieusement, à floraison, en avril-mai.

Misfat, un vrai jardin d’Eden
En continuant vers le sud, on croise, au hasard des grandes routes qui sillonnent le pays, beaucoup de vieux villages en pisé, très photogéniques avec leurs maisons tarabiscotées aux murs terra cotta, mais pour la plupart abandonnés. Perché sur une aride colline, Misfat constitue donc une exception. Les habitants y accueillent les touristes et ont balisé pour eux des ruelles pentues et sentiers escarpés dans la palmeraie en contrebas. Vous avez toujours fantasmé sur les oasis ? Celle-ci est un véritable enchantement. Palmiers, dattiers, bananiers, papayers, figuiers, manguiers semblent y pousser à même la roche. L’eau qui file dans des rigoles entre chaque parcelle et terrasse glougloute gaiement. Un pied de chaque côté des étroits canaux d’irrigation appelés falaj, on avance tels des funambules bercés par la brise légère et le chant des oiseaux.

Wahiba Sands, le goût du désert
A deux heures de route au sud de Mascate, les Wahiba Sands offrent une immersion en douceur dans l’immensité. Les puristes vous diront que c’est un bac à sable : 180 kilomètres sur 80 de dunes ocre et rousses, mais c’est suffisant pour basculer dans une autre dimension. Certes, votre 4X4 ne fraiera pas tout seul la piste qui les traverse. Surtout le vendredi soir : les Omanais aussi veulent leur part de désert. Les engins vrombissent, dérapent, s’ensablent et redémarrent. Une dune à gauche, une autre à droite et voilà un promontoire soyeux pour sacrifier calmement au rituel du coucher de soleil. La nuit tombée, il sera temps de partager l’hospitalité d’un Bédouin. Ils sont nombreux à s’être sédentarisés là, élevant chèvres et dromadaires. C’est avec simplicité qu’ils reçoivent, le temps d’un repas organisé sous les étoiles, les touristes en quête de rencontres.

Wadi Tiwi, une plongée dans des eaux opalines
Vous avez dit wadi ? Il s’agit d’une autre curiosité naturelle d’Oman, devenue une grande attraction touristique. A une petite heure de route des Wahiba Sands, on découvre ces piscines naturelles aux couleurs de joyaux – turquoise, émeraude, opaline… -, en remontant à pied le lit d’un oued à première vue asséché. Mirage ? Oh que non ! L’eau a beau être rare dans ce pays désertique où la moindre goutte est récupérée dans des réservoirs placés sur le toit des maisons, ces torrents, Wadi Tiwi ou Wadi Shab pour les plus réputés, sont bien réels. Quand le soleil tape fort, on se glisse avec délice dans leur eau cristalline et si tiède, qui se gonfle de la pluie et des sources dégringolant de la montagne. Et l’on savoure les plaisirs d’une baignade inattendue entre d’énormes blocs de rochers, des cascades joyeuses, des grottes miniatures et des vasques peu profondes.

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Suivez le guide !

Y aller

Oman Air assure un vol quotidien direct au départ de Paris Charles de Gaulle à bord de Boeing flambant neufs. À partir de 565 € l’A/R.

Où dormir ?

Vous voyagez seuls ? L’hôtellerie est de grande qualité à Mascate comme dans les djebels (montagnes). Il existe même un hôtel club Lookéa, près de la capitale. La bonne formule lorsqu’on ne veut s’occuper de rien : un circuit en privé avec un tour-opérateur qui se chargera des réservations et excursions. Allibert Trekking propose notamment des parcours alternant découvertes en 4×4 et balades à pied de deux ou trois heures, à partir de 1 645 €.

Se renseigner

Sur omantourisme.com, site de l’Office de tourisme qui recèle une mine d’informations (en français !) pour préparer son voyage et commencer à rêver.

Publié le dans Changer d'air

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